vendredi, 21 juin 2024
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Bombardements israéliens à Gaza : la population face à une « famine imminente »

Des bombardements israéliens ont de nouveau frappé ce vendredi 29 mars la bande de Gaza, territoire palestinien assiégé dont la population fait face à une « famine imminente », selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de six mois après le début de la guerre.

Le ministère de la Santé du Hamas a fait état en matinée de «dizaines de morts» lors de bombardements israéliens, notamment à Rafah (sud de Gaza), ville considérée par Israël comme le dernier grand bastion du Hamas et où s’entassent 1,5 million de Palestiniens, menacés de famine.

Outre le bilan humain et les destructions, les bombardements israéliens ont provoqué une catastrophe humanitaire à Gaza, où la majorité des 2,4 millions d’habitants sont désormais menacés de famine, selon l’ONU qui déplore une aide largement insuffisante pour répondre aux besoins de la population.

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«Il n’y a pas un autre endroit dans le monde où un aussi grand nombre de personnes font face à une famine imminente», a déploré jeudi 28 mars sur X Matthew Hollingworth, chargé des territoires palestiniens au PAM.

Empêcher un « génocide » dans le territoire palestinien

Israël doit «veiller sans délai» à ce que soit assurée «sans restriction et à grande échelle, la fourniture par toutes les parties intéressées des services de base et de l’aide humanitaire requis de toute urgence», a déclaré jeudi 28 mars la Cour internationale de justice (CIJ) basée à La Haye.

Saisie par l’Afrique du Sud, la juridiction avait ordonné en janvier à Israël de faire tout son possible pour empêcher un «génocide» dans le territoire palestinien, Israël jugeant «scandaleuses» de telles accusations.

Dans la nuit, le Hamas s’est félicité de la décision de la CIJ et a demandé sa «mise en œuvre immédiate».

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Face à l’urgence humanitaire, plusieurs pays organisent des parachutages et des expéditions d’aide par voie maritime, mais tous soulignent que ces voies d’approvisionnement ne peuvent se substituer aux routes terrestres.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée depuis la bande de Gaza par le Hamas le 7 octobre en Israël qui a entraîné la mort d’au moins 1 160 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

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D’après Israël, environ 250 personnes ont également été enlevées et 130 d’entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes.

En représailles, Israël a juré d’anéantir le Hamas — qu’il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l’Union européenne — et lancé une offensive qui a fait à 32 623 morts, majoritairement des femmes et des enfants, selon un dernier bilan vendredi 29 mars du ministère de la Santé du Hamas.

Entrer à Rafah

L’armée israélienne, qui accuse les combattants du Hamas de se cacher dans les hôpitaux, a dit vendredi 29 mars poursuivre ses opérations dans le complexe hospitalier al-Chifa, dans la ville de Gaza (nord), disant avoir «éliminé environ 200 terroristes» dans le secteur depuis le 18 mars.

Elle a souligné s’assurer de «prévenir toute atteinte aux civils, patients, équipes médicales et matériel».

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Dans le centre de la bande de Gaza, l’armée a dit avoir «détruit de nombreuses roquettes destinées à être tirées vers Israël», et éliminé des «terroristes».

Des opérations se poursuivent également à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, dans les secteurs d’Al-Amal et Al Qarara, où des combattants palestiniens ont aussi été tués, selon elle.

A Khan Younès, plusieurs blessés ont été transportés en ambulance à l’hôpital européen dans la nuit, selon des images de l’AFP. Certaines victimes, dont des enfants, étaient soignées à même le sol.

« Rien n’a changé », malgré la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU

A Rafah, plus au sud, des dizaines d’hommes œuvraient à dégager des décombres d’un bâtiment bombardé des blessés et des corps, d’où a notamment été extrait un jeune garçon.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyhau a réaffirmé jeudi sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah en dépit des pressions internationales.

«Nous tenons le nord de la bande de Gaza ainsi que Khan Younès (sud). Nous avons coupé en deux la bande de Gaza et on se prépare à entrer à Rafah», a-t-il dit.

Les Etats-Unis, principal allié d’Israël, a récemment demandé l’envoi d’une délégation israélienne à Washington pour discuter de ce projet.

En parallèle, le Qatar – un médiateur avec l’Egypte et les Etats-Unis – a été l’hôte cette semaine de négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur un projet de trêve de plusieurs semaines doublée d’un échange d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens.

Une résolution à l’ONU réclamant un «cessez-le-feu immédiat» a été adoptée lundi après l’abstention des Etats-Unis, mais «rien n’a changé» sur le terrain depuis, a déploré le président international de Médecins sans frontières Christos Christou.

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