dimanche, 23 juin 2024
DiasporadzContributionLe Printemps berbère : ce catalyseur d'une évidente construction nord-africaine

Le Printemps berbère : ce catalyseur d’une évidente construction nord-africaine

Au-delà de l’Algérie, le Printemps berbère, à travers sa revendication de l’identité commune de tous les pays de la region, est nord-africain et il faut le ressusciter dans cette perspective fédératrice, en ces temps où la géopolitique est en effervescence.

En Algérie, la révolution du sourire (Tanekra-Hirak) qui a porté haut l’emblème amazigh, malgré la honteuse interdiction arbitraire proclamée par le défunt Ahmed Gaïd Salah, l’ex-chef de l’état-major, et qui a permis aux Algériennes et aux Algériens d’assumer leur rôle de citoyens dans l’égalité parfaite sur le terrain, n’est pas un commencement mais un aboutissement d’un processus de luttes dont celle du 20 avril 1980 demeure la plus significative.

Malgré les tentatives de dresser des Algériens les uns contre les autres, les deux aspects apparents de la révolution que nous ne cesserons jamais de rappeler (emblème Amazigh et présence de la femme) ont fait de l’insurrection du 22 février une révolution démocratique qui s’est inscrite dans la continuité de celle du Printemps berbère.

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Maintenant qu’à titre posthume, la haute trahison de la nation est devenue visible pour tout le monde, à travers les accointances de Gaïd Salah avec les Émirats arabes-unis, il est plus que jamais clair que la guerre menée contre l’emblème amazigh était une guerre contre l’Algérie en particulier et contre l’Afrique du Nord en général.

Malgré toutes les voix malintentionnées qui ont tout fait pour lui prêter le cliché d’un soulèvement islamiste, la révolution du sourire a reproduit par excellence les revendications démocratiques d’Avril 1980. Elle a réussi à les propager sur tout le territoire national.

Le slogan «Bravo les kabyles, l’Algérie est fière de vous » qui a retenti à travers toutes les villes algériennes demeurera la preuve de cette reconnaissance du Printemps berbère comme référence par excellence du combat démocratique. La raison de l’acharnement du régime contre cette révolution réside bel et bien dans cet aspect démocratique qu’elle a ressuscité.

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Désormais, il est clair que le 20 avril 1980 est pour la démocratie ce qu’est le 1er novembre 1954 pour l’indépendance nationale.

Au niveau du peuple, les principes du Printemps berbère sont clairement et majoritairement adoptés. En revanche, au niveau du régime qui refuse de se réformer, le déni identitaire continue malgré une reconnaissance officielle mais de façade du fait amazigh.

La léthargie qui entoure, depuis sa création, l’Académie dont la mission est la promotion de l’Amazighité, langue, culture et identité est une preuve tangible de l’absence totale d’une volonté politique pour mettre un terme à cet apartheid linguistique qui n’a que trop duré.

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En dehors des régimes politiques et au niveau des peuples, il serait plus judicieux et efficace de commencer à penser l’Afrique du Nord, maintenant que l’identité commune est retrouvée et assumée en Algérie, au Maroc, en Libye, au Mali et même en Tunisie.

Il serait opportun de fédérer les énergies des peuples, des sociétés civiles et des oppositions politiques pour asseoir une Afrique du Nord démocratique et plurielle, construite sur de larges prérogatives pour les régions. C’est ce que j’appellerais « régionaliser pour mieux fédérer ».

Le Printemps berbère est aussi nord-africain. La géopolitique nous dicte de dépasser les régimes politiques qui s’entêtent à faire de cette zone névralgique un terrain de conflit. 

Moussa Naït Amara 

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