Aéroport d’Alger : un faux député arrêté avec 474 300 euros

Le prévenu, un homme d’affaires se faisant passer pour député, tentait d’embarquer vers Istanbul avec 474 300 euros soigneusement emballés pour tromper les contrôles à l’aéroport d’Alger. L’enquête révèle un réseau impliquant commerçants, bijoutier et intermédiaires à l’étranger.

Un homme d’affaires algérien, B. B. H., a été interpellé à l’aéroport Houari-Boumediene alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Istanbul, révèle dimanche 5 avril le journal arabophone Ennahar. Les douaniers de l’aéroport d’Alger ont découvert dans les bagages du faux député 474 300 euros, soit près de 13 milliards de centimes, dissimulés dans des paquets enveloppés de papier aluminium de cuisine.

Selon les images de vidéosurveillance, le suspect voyageait systématiquement en costume classique, cherchant à se faire passer pour un député afin d’éviter les fouilles. Il utilisait toujours les mêmes deux valises, dans lesquelles les enquêteurs ont retrouvé les liasses d’argent réparties en 474 paquets.

Un stratagème déjoué par le scanner

L’affaire éclate lorsque le portique de détection magnétique se met à sonner. Invité à retirer sa veste, le suspect tente de minimiser la situation, mais le passage de ses bagages au scanner révèle des formes suspectes. Une fouille approfondie permet alors de découvrir les paquets d’argent enveloppés dans du papier aluminium, méthode destinée à perturber l’imagerie du scanner.

Les agents trouvent également dans sa voiture garée sur le parking de l’aéroport plus de 700 000 dinars supplémentaires.

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Face aux enquêteurs, B. B.H. affirme que l’argent provient de la vente de 10 kg d’or qu’il aurait acquis aux Émirats arabes unis en 2012. Cet or aurait été saisi à l’aéroport d’Alger, puis restitué en 2015 sur décision de justice. Il explique avoir converti ce métal précieux en devises, puis introduit l’argent en Algérie en plusieurs fois, avant de le stocker chez lui à Dely Brahim, à Alger.

Le suspect nie toute intention de transfert illégal de capitaux, assurant qu’il s’agissait d’un capital destiné à l’investissement.

Un réseau mis au jour et des documents compromettants

L’enquête ne s’arrête pas à l’arrestation du faux parlementaire. Les investigations révèlent un réseau impliquant plusieurs personnes. En effet, les enquêteurs mettent en cause dans cette affaire des commerçants de la capitale, un bijoutier réputé de Blida, un intermédiaire résidant en France et d’autres suspects liés à des transferts d’argent et d’achats de marchandises en Turquie.

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Au total, six personnes doivent comparaître devant le tribunal de Dar El Beïda pour infraction à la législation sur les changes, aux mouvements illicites de capitaux et blanchiment d’argent.

Lors de la perquisition, les enquêteurs découvrent également des cartes anciennes portant les mentions “membre du conseil national” ou “militant du FLN”, toutes périmées, mais susceptibles d’avoir servi à renforcer son image de “personnalité officielle”.

Le suspect possède par ailleurs plusieurs biens immobiliers en cours de régularisation, un véhicule haut de gamme et plusieurs comptes bancaires en Algérie et à l’étranger.

Samira B. B.