Les établissements pharmaceutiques sont sommés de mettre immédiatement sur le marché leurs stocks de médicaments en tension ou en pénurie, afin d’assurer la stabilité de l’approvisionnement national, rapporte dimanche 5 avril l’APS.
La directive adressée par le ministère de tutelle aux établissements pharmaceutiques de commercialiser leurs stocks de médicaments en tension ou en pénurie, rendue publique samedi, impose un délai strict allant de 48 heures à cinq jours, avec une échéance fixée à lundi prochain.
Dans une note adressée aux importateurs, fabricants et distributeurs, le ministère explique qu’« après étude et vérification des données fournies par les services compétents, il est apparu que certains produits pharmaceutiques, signalés […] comme étant en situation de tension ou de pénurie au niveau des pharmacies, demeurent néanmoins disponibles dans les stocks détenus par des établissements pharmaceutiques ».
Face à cette situation, les opérateurs concernés sont « tenus d’entamer la commercialisation des stocks dont ils disposent […] afin de répondre aux demandes des pharmacies à travers l’ensemble du territoire national ».
Le ministère leur accorde « un délai allant de 48 heures à cinq (5) jours au maximum », soit avant lundi prochain, précise la même source.
Pénurie de médicaments : inspection des stocks et sanctions annoncées
Le ministère prévient que ses services mèneront des missions d’inspection pour vérifier l’application de cette instruction. « Tout manquement constaté est susceptible d’exposer l’établissement pharmaceutique concerné aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément », précise la note.
Les autorités rappellent également que « toutes les pratiques illégales telles que la spéculation, la rétention de stocks ou la vente concomitante seront sanctionnées ».
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Le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), Sami Tirache, confirme l’ampleur du phénomène. Il indique que le dispositif de surveillance a relevé « une pénurie ou une rupture concernant 52 médicaments à dénomination commune internationale ». Il souligne l’importance du mécanisme de veille, qui « regroupe plusieurs intervenants » et permet un suivi continu de la disponibilité des produits.
Tirache salue par ailleurs la décision du ministère, estimant qu’elle laisse « un délai de cinq jours pour permettre l’acheminement des médicaments vers les zones reculées ». Il se veut rassurant envers les patients, notamment ceux souffrant de maladies chroniques : les indicateurs actuels sont « rassurants » et « les mesures prises mettront fin à l’état d’inquiétude dans un proche avenir ».
Appel à éviter le stockage excessif de médicaments
Le président du SNAPO appelle également les citoyens à ne pas céder aux rumeurs incitant à l’achat excessif et au stockage de médicaments, pratiques qui peuvent provoquer une pénurie artificielle.
M. Tirache a expliqué que l’état de tension ou de rareté de certains médicaments résulte du refus des fabricants de les produire en raison de leur faible rentabilité, tout en mettant en garde contre le recours de certaines entreprises à des pratiques illégales, telles que la vente conditionnelle, qui affecte négativement la disponibilité des médicaments.
La rédaction/APS

