Un homme a été présenté devant le tribunal de Dar El Beïda après son interpellation à l’aéroport international Houari Boumediene d’Alger, où les services de police ont découvert 5 500 euros dans son sac à dos.
L’affaire, examinée en procédure de citation directe, soulève une question centrale : l’intéressé, identifié par les initiales N. H., était-il réellement un voyageur en partance, comme l’affirme la police, ou simplement un visiteur de passage, comme il le soutient ?
Selon les éléments du dossier rapportés par le journal arabophone Ennaharonline, les agents de la Police des frontières (PAF) ont procédé à un contrôle de routine dans l’enceinte de l’aéroport. C’est lors de cette opération qu’ils ont découvert la somme en devises, considérée comme non déclarée et destinée à être sortie du territoire national.
Pour les services de sécurité, la présence de N.H. dans la zone aéroportuaire, combinée à la détention de devises, constitue un indice suffisant pour le qualifier de voyageur en partance, ce qui justifie l’ouverture de poursuites pour infraction à la législation sur le change et les mouvements de capitaux.
A ne pas rater
Homme tué par la police municipale à Marseille : sa famille dépose plainteMarseille : un policier soupçonné d’avoir fracturé le crâne d’une passante mis en examenPlainte pour « traite d’êtres humains » contre Deliveroo et Uber EatsLe parquet requiert deux ans de prison ferme
Lors de l’audience, le représentant du ministère public a requis 2 ans de prison ferme, une amende équivalente au double du montant saisi, ainsi que la confiscation des 5 500 euros.
Ces réquisitions s’inscrivent dans la ligne dure adoptée ces dernières années par la justice algérienne concernant les transferts illicites de devises via les aéroports.
Le prévenu se défend : “Je n’étais pas en train de voyager”
Face au juge, N.H. a fermement contesté la version des policiers. Il affirme qu’il ne se trouvait pas à l’aéroport pour voyager, mais uniquement pour se renseigner sur un billet d’avion. Selon lui, il n’avait aucun vol prévu, aucun enregistrement en cours et aucune intention de quitter le pays ce jour-là.
Il explique que la fouille de son sac était un contrôle de routine et que la somme d’argent n’était pas destinée à être transférée à l’étranger. Il insiste sur le fait qu’il n’a jamais tenté de dissimuler les devises.
Cette contradiction entre la qualification policière (“voyageur”) et la version du prévenu constitue le cœur du débat judiciaire.
Un verdict attendu le 6 avril
Après avoir entendu les arguments des deux parties, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 6 avril, et déterminera si la présence de N.H. à l’aéroport, combinée à la détention de devises, suffit à caractériser une tentative de transfert illicite.
Samira B. Briki

