Algérie : trois ex-présidents de la FAF devant la justice pour soupçons de corruption

Plus de quinze responsables sont concernés par les soupçons de corruption liés à la gestion de la Fédération algérienne de football (FAF).

L’enquête ouverte sur la gestion de la Fédération algérienne de football (FAF) sur la période 2017-2023 connaît une nouvelle accélération avec l’audition de trois ex-présidents de l’instance et les soupçons de corruption qui pèsent sur eux.

Le juge d’instruction du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a finalisé l’audition de l’ensemble des mis en cause, ouvrant la voie à une mise en jugement prochaine du dossier, a rapporté samedi 18 avril le journal arabophone Echourouk.

Parmi les personnes entendues figurent les anciens présidents Kheïreddine Zetchi, Charaf‑Eddine Amara et Djahid Zefizef.

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Un dossier lourd : contrats irréguliers, avantages indus et soupçons de blanchiment

L’affaire porte sur une série de contrats et de dépenses engagés au sein de la FAF, jugés contraires aux procédures internes et aux règles de la commande publique.

Les chefs d’accusation retenus, fondés sur la loi 01‑06 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, incluent l’abus de fonction, la dilapidation et la participation à la dilapidation de deniers publics, la passation de contrats en violation des règles légales, l’octroi d’avantages injustifiés à des tiers ainsi que le blanchiment d’argent.

Au total, plus d’une quinzaine de responsables sont poursuivis, parmi lesquels d’anciens secrétaires généraux, des cadres administratifs et des membres du bureau fédéral.

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Des contrats jugés irréguliers sous la présidence de Zetchi

Les investigations menées par la brigade économique de la sûreté d’Alger et par la justice ont mis en lumière plusieurs contrats conclus durant le mandat de Kheïreddine Zetchi.

Parmi les irrégularités relevées figurent le recours à une agence touristique tunisienne sans mise en concurrence pour la gestion des déplacements et hébergements, des dépenses gonflées pour l’hébergement et la restauration des membres du bureau fédéral, des primes et avantages financiers accordés à certains responsables, le versement de primes en devises à des joueurs locaux, ainsi que des anomalies dans les dépenses liées à l’organisation du CHAN 2023 et de la CAN U17.

Le rôle d’Amara et Zefizef : non‑signataires mais responsables

Les deux successeurs de Zetchi, Charaf‑Eddine Amara et Djahid Zefizef, ne sont pas accusés d’avoir signé les contrats irréguliers.

Ils sont toutefois poursuivis pour ne pas avoir résilié les contrats jugés illégaux hérités de la précédente direction et pour ne pas avoir signalé ces irrégularités aux autorités compétentes.

En novembre 2025, la chambre d’accusation avait déjà placé Zefizef sous contrôle judiciaire, avec retrait de passeport et interdiction de quitter le territoire, tandis qu’Amara restait en liberté.

Une expertise financière accablante

Le juge d’instruction a notifié aux mis en cause les conclusions d’une expertise complémentaire, venue confirmer les anomalies relevées dans une première expertise. Cette étape marque la fin de l’instruction : le dossier doit désormais être transmis à la chambre de programmation afin de fixer la date du procès.

Ce dossier, qui implique trois anciens présidents de la FAF et plusieurs cadres de haut niveau, constitue l’une des affaires les plus importantes touchant une institution sportive en Algérie.

Il intervient dans un contexte où les autorités multiplient les enquêtes sur la gestion des fédérations et des organismes publics. La tenue du procès devrait permettre de clarifier les responsabilités et de déterminer l’ampleur exacte des irrégularités financières reprochées.

Samira B. B.