lundi, 24 juin 2024
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L’annonce de l’alliance avec le RN met les Républicains au bord de l’explosion

Le parti Les Républicains (LR) est au bord de l’explosion depuis l’annonce ce mardi 11 juin de son patron Eric Ciotti d’un accord d’alliance avec le parti d’extrême droite de Marine Le Pen, le Rassemblement national (RN), à l’occasion des législatives anticipées.

Dès l’annonce de cette alliance avec le RN, de nombreuses voix se sont indignées au sein des Républicains et des militants ont quitté les rangs du pari, donnant l’image d’une organisation en pleine déroute et au bord de l’explosion.

Le président LR du Sénat Gérard Larcher, qui s’est toujours opposé à un accord avec l’extrême droite, a assuré qu’il « n’avalisera jamais un accord avec le RN », en s’exprimant devant les sénateurs de son parti.

Le président des sénateurs LR Bruno Retailleau, a dénoncé pour sa part « une ligne personnelle », rejoint par le patron des députés LR Olivier Marleix pour qui Eric Ciotti « n’engage que lui » et doit démissionner. Dans la foulée, deux influents sénateurs ont annoncé quitter Les Républicains, Sophie Primas et Jean-François Husson.

Dans les Yvelines, le président du conseil départemental, Pierre Bédier, a confirmé au Parisien qu’il rendait sa carte LR, en opposition totale avec la ligne Ciotti.

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« La déclaration de Monsieur Ciotti devenant supplétif de Monsieur Bardella est insupportable, déclarait ce mardi matin dans un communiqué ce ténor de la droite francilienne et ancien patron de la fédération LR 78. Il n’y a plus rien qui me rattache à un parti qui nie ses racines les plus profondes. En conséquence, je mets fin à un engagement commencé il y a 48 ans. »

Dans les Yvelines toujours, la sénatrice Sophie Primas a elle aussi décidé de quitter le parti, rapporte Le Parisien. « Au regard des déclarations de M. Eric Ciotti, à contrecœur, et après des années au RPR puis à l’UMP puis aux Républicains, je quitte ce mouvement, écrit-elle sur X. L’occasion pour la droite de se reconstruire et d’écrire une nouvelle histoire. »

Selon un cadre du parti, les résultats décevants de LR aux européennes dans son bastion des Alpes-Maritimes, où la liste de François-Xavier Bellamy n’est arrivée que 5e avec 8,9% des voix, loin derrière le RN (37,7%), auraient joué un rôle dans la décision de M. Ciotti, dont la circonscription se trouve dans ce département.

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Avant cette annonce fracassante, de nombreux dirigeants du parti, y compris Laurent Wauquiez, pourtant soutenu par Eric Ciotti lui-même comme candidat de la droite à l’Elysée en 2027, avaient rejeté catégoriquement cette option.

Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand était monté en première ligne pour exiger de M. Ciotti « une clarification » de la position du parti face au RN.

« L’ADN de la droite républicaine, c’est jamais les extrêmes, jamais le Front national, jamais Marine Le Pen ! », a martelé le président des Hauts-de-France, défendant « une droite sociale » qu’il a l’intention de porter « dans les semaines qui viennent, dans les mois qui viennent et dans les années qui viennent ».

A rappeler que du côté du RN, Marine Le Pen a salué « le choix courageux » et « le sens des responsabilités » d’Eric Ciotti et a dit espérer « qu’un nombre conséquent de cadres LR le suivent ».

S. A./AFP

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