Dans la mythique salle du Bataclan, chargée d’histoire et marquée à jamais par les tragédies qui ont endeuillé Paris, Hacène Ahres a renoué avec son public parisien ce dimanche 19 avril.
Sous le signe de l’amour, des retrouvailles et de la mémoire, le concert de Hacène Ahres au Bataclan — porté par FuturYal Production — a offert un moment fort et chargé d’émotion.
Une entrée en scène marquée par l’émotion
C’est Hanane Zamoum qui a ouvert le bal. Une entrée en matière pleine de sens, portée par une voix montante de la chanson kabyle. Sur scène, la jeune artiste a su installer une atmosphère chaleureuse, esquissant déjà une passerelle entre les générations, entre héritage et transmission — un geste qui en dit long sur une vision résolument tournée vers la relève.
Lorsque Hacène Ahres fait son apparition, la salle mythique du Bataclan change de dimension. Les youyous fusent, les applaudissements retentissent longuement dans l’enceinte, face à un artiste visiblement ému. Dans un échange direct et sincère avec son public, il lance d’emblée : « Ḥemmleɣ-kun » — (« je vous aime » )— comme une déclaration inaugurale, fidèle à son univers.
Avant d’entamer son récital, l’artiste invite à une minute de silence en mémoire du Printemps berbère et du Printemps noir, rappelant avec sobriété les combats pour la reconnaissance identitaire et démocratique en Algérie. Un moment suspendu, empreint de respect et de recueillement.
Dans cette continuité, il rend hommage à Matoub Lounès, figure tutélaire, ami et repère humain et artistique — « mon chef spirituel », disait-il —, qui a largement contribué à façonner la carrière qui est aujourd’hui la sienne, en reprenant l’une de ses œuvres. Un geste devenu, au fil des années, un véritable rituel : celui de perpétuer la mémoire du « Rebelle » sur chaque scène, comme un serment à la fois artistique et intime, une manière de rappeler qu’il demeure vivant dans les cœurs et à travers ses chansons.
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Le concert prend ensuite toute son ampleur. Hacène Ahres enchaîne ses classiques, notamment Tabratt n wul (« La lettre du cœur »), titre au succès retentissant qui l’a révélé au grand public et lui a valu le qualificatif d’« icône de la chanson d’amour » auprès de ses pairs, repris en chœur par un public conquis. Entre deux morceaux, l’artiste prend le temps d’échanger, renforçant ce lien direct et presque intime qui caractérise ses prestations.
Après une courte pause, l’ambiance reprend de plus belle. La seconde partie s’inscrit dans la continuité, portée par des sonorités chaâbies kabyles, un orchestre parfaitement en phase et une voix toujours aussi envoûtante. Il interprète Ugadeɣ ad kem-zreɣ, Sedḥes-itt, A tayri, Twenza, Ayen et d’autres titres emblématiques, au grand bonheur de ses fans.
Hacène Ahres au Bataclan : des retrouvailles intenses
Comme souvent, les plus beaux moments ont une fin. Mais ce dimanche au Bataclan, l’essentiel était ailleurs : dans cette intensité partagée, dans ces échanges complices, dans cette mémoire ravivée. Les retrouvailles ont été à la hauteur des attentes, laissant un public comblé, les yeux encore chargés d’émotion.
« Vous êtes mon oxygène, vous êtes ma raison de continuer à exercer cet art que j’ai tant aimé, cette passion qui m’a toujours habité. Je ne suis rien sans vous », confiait Hacène Ahres, dans un dernier élan de gratitude.
Pour le clap final, et pour exprimer toute sa reconnaissance envers ses inconditionnels, l’artiste n’a pas hésité à descendre de scène pour aller à la rencontre de ses nombreux fans, mêlant embrassades et photos souvenirs, dans un ultime moment de proximité.
Ce concert a été un véritable moment où la musique a su, une fois encore, faire dialoguer les cœurs, les souvenirs et les générations.
Hamid Banoune

