À travers son nouveau récit Bachir, le brave tirailleur, publié chez L’Harmattan, l’écrivain Idir Tas exhume une page méconnue de l’histoire algérienne et rend justice à l’un de ces « poilus » dont le destin a été happé par la Grande Guerre.
Ce livre retrace la trajectoire bouleversante de Bachir, un jeune montagnard de l’Akfadou arraché à sa terre natale en 1917 pour combattre sous le drapeau français, comme tant d’autres tirailleurs algériens envoyés sur les fronts européens.
En s’appuyant sur le livret militaire de son grand-oncle et sur un patient travail de reconstitution, Idir Tas redonne chair à ces soldats longtemps oubliés, dont le courage n’a pourtant jamais été reconnu à sa juste valeur.
À travers Bachir, c’est toute une génération d’hommes issus des villages kabyles, des campagnes algériennes et des territoires colonisés qui réapparaît : des hommes mobilisés, souvent de force, plongés dans l’enfer des tranchées, puis renvoyés dans l’ombre une fois la guerre terminée.
Une histoire individuelle qui raconte une mémoire collective
Le récit suit le parcours de ce jeune paysan de 21 ans, condamné pour insoumission avant d’être incorporé au 9ᵉ régiment de tirailleurs algériens.
En effet, Bachir vivait paisiblement à Aït Saada, sur les hauteurs d’Akfadou, quand les gendarmes débarquent chez lui et l’emmènent de force au Poste de la Vallée de la Soummam.
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Arrivé en France, il passe d’abord par Casteljaloux dans le Lot-et-Garonne pour y recevoir une formation militaire, avant d’être envoyé au front, où il participe à différentes batailles. De Verdun (d’août à décembre 1917) à la Marne (du 18 au 21 juillet 1918), en passant par la bataille du Matz (du 11 au 13 juin 1918), Bachir prend part aux combats les plus meurtriers du conflit.
Blessé en août 1918, hospitalisé, puis réengagé en 1919, il participe même aux opérations de décontamination de la zone rouge avant d’être envoyé à Salonique. Ce n’est qu’en mars 1920, soit plus de trois ans après son arrachement à sa terre natale, qu’il rentre en Algérie et devient réserviste dans le onzième régiment de tirailleurs algériens, puis de mars 1927 à septembre 1931, dans le septième régiment.
Sur son livret militaire, une simple mention résume son passage dans l’Histoire : « Brave tirailleur ayant fait preuve de courage en ligne. »
Avec Bachir, le brave tirailleur, Idir Tas signe un hommage vibrant à ces combattants invisibles, ces hommes dont les noms ne figurent dans aucun manuel mais qui ont pourtant écrit, au prix de leur sang, une part du destin du XXᵉ siècle.
Bachir, un brave tirailleur, une histoire mise en fiction, s’inscrit dans cette démarche de préservation et de transmission de mémoire, essentielle pour rappeler la place et le rôle décisif des Algériens dans la Grande Guerre.
Saïd Aklid
Idir Tas, Bachir, le brave tirailleur, Editions L’Harmattan, février 2026


D asmekti i yargazen n tallit n trad amezwaru, l3ali imi terrid lwalha -inek ar tghawsa yagi attas degsen ruhen di tatut, ad irhem rebbi akk irgazen imuten di trad nni, atisewsae rebbi fellasen.
Merci, M. Aklid, pour votre article qui rend un bel hommage à mon grand oncle, Bachir.