La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, sera en visite en Algérie le 25 mars 2026, a indiqué ce vendredi 20 mars l’agence de presse italienne Agenzia Nova.
La visite en Algérie de Giorgia Meloni intervient « dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une pression croissante sur les marchés de l’énergie », indique l’agence italienne.
La décision de ce déplacement a été prise dans l’urgence. L’Italie, particulièrement exposée aux perturbations du marché mondial du gaz, subit de plein fouet les conséquences de l’arrêt partiel de l’usine de Ras Laffan au Qatar et des difficultés croissantes dans le détroit d’Ormuz.
Face à cette situation, Rome se tourne vers l’Algérie, devenue en quelques années son principal fournisseur et désormais capable de couvrir près d’un tiers de sa consommation gazière. Cette dépendance nouvelle confère à Alger un rôle stratégique que la visite de Meloni vient confirmer.
Le séjour de la cheffe du gouvernement italien sera court, mais dense. Il s’inscrit dans la continuité d’un échange téléphonique tenu le 3 février dernier avec le président Abdelmadjid Tebboune, au cours duquel les deux dirigeants avaient déjà évoqué la nécessité d’un renforcement rapide de la coopération.
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La priorité de Meloni sera évidemment énergétique : il s’agit pour l’Italie de sécuriser les volumes déjà engagés, d’explorer la possibilité d’augmenter les capacités du gazoduc TransMed et d’obtenir davantage de souplesse contractuelle dans un marché devenu imprévisible. Rome espère trouver à Alger un partenaire capable de lui offrir une marge de manœuvre immédiate.
Mais la visite ne se limite pas au gaz. L’Italie souhaite également consolider sa présence économique en Algérie, où ses entreprises sont déjà très actives. Les discussions porteront sur l’élargissement des investissements dans l’industrie, l’agriculture et les services, ainsi que sur la création d’une Chambre de commerce algéro-italienne, un projet soutenu par Meloni et destiné à structurer davantage les échanges. Les relations économiques entre les deux pays ont atteint un niveau record en 2025, avec plus de 14 milliards d’euros d’échanges, et les deux capitales veulent capitaliser sur cette dynamique.
La question migratoire occupera aussi une place importante dans les entretiens. Pour Rome, la coopération sécuritaire avec Alger est devenue essentielle dans la lutte contre les réseaux de trafic et la gestion des flux en provenance d’Afrique du Nord. L’Italie cherche à renforcer les mécanismes de coordination déjà existants et à inscrire cette dimension dans un partenariat plus global.
Au-delà des dossiers techniques, cette visite traduit une réalité géopolitique : l’Algérie s’impose comme un acteur énergétique incontournable pour l’Europe, tandis que l’Italie, fragilisée par la crise mondiale, cherche à consolider ses alliances les plus fiables. La rencontre du 25 mars pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans une relation devenue stratégique pour les deux pays.
Synthèse Saïd A.

