Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont annoncé ce mardi 2 décembre avoir déposé plainte à Paris contre les autorités israéliennes pour « entrave à la liberté d’exercer le journalisme », après avoir empêché des reporters français de couvrir la guerre à Gaza.
Selon ces organisations, ces faits pourraient constituer des « crimes de guerre », relevant de la compétence du parquet national antiterroriste dès lors qu’ils visent des ressortissants français.
Il s’agit de la première plainte en France fondée sur le délit d’entrave à la liberté d’exercer le journalisme. Les plaignants soulignent qu’elle est aussi « la première à inviter le ministère public à se prononcer sur l’application de cette incrimination dans un contexte international où les atteintes à la liberté de la presse sont devenues structurelles ».
« Cette plainte (…) dénonce une entrave concertée, parfois violente, empêchant les journalistes français de travailler dans les Territoires palestiniens et portant atteinte à la liberté de la presse », a commenté Me Louise El Yafi, l’une des avocates à l’origine de la démarche.
Sa consoeur, Me Inès Davau, ajoute que la requête « souligne aussi l’insécurité croissante visant les journalistes français en Cisjordanie (…). Ces atteintes, en violation du droit international humanitaire, relèvent également de crimes de guerre ».
Un journaliste français, travaillant pour plusieurs rédactions francophones et souhaitant garder l’anonymat, a lui aussi porté plainte, dénonçant son « agression » par des colons lors d’un reportage dans les territoires occupés.
Reporters sans frontières (RSF) a recensé plus de 210 journalistes tués depuis le début des attaques militaires israéliennes à Gaza, déclenchées en représailles à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Depuis le début du conflit, les autorités israéliennes ont interdit l’accès indépendant des médias étrangers à Gaza, n’autorisant que quelques reporters à accompagner leurs troupes.
En France, plusieurs autres plaintes liées à la guerre contre Gaza ont été déposées, visant notamment des soldats franco-israéliens, l’entreprise d’armement Eurolinks et des Franco-Israéliens accusés de complicité dans la colonisation.
Aussi, le parquet antiterroriste enquête également sur la mort de deux enfants français tués lors d’un bombardement israélien en octobre 2023.
S. Aklid/avec AFP

