À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le café littéraire L’Impondérable à Paris a accueilli une rencontre consacrée à l’artiste peintre Zina Amour. Invitée par l’écrivain Youcef Zirem, qui a mené le débat avec finesse, elle a partagé avec le public son parcours singulier, de la science à la peinture, ainsi que son univers artistique où mémoire, matière et présence dialoguent entre la Kabylie, Alger et la Bretagne.
Au Café littéraire parisien L’Impondérable, à l’invitation de l’écrivain Youcef Zirem, une rencontre chaleureuse a réuni littérature et peinture autour de l’artiste peintre Zina Amour, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars. Dans l’atmosphère intime et attentive du lieu, amateurs d’art, lecteurs et curieux se sont retrouvés pour partager un moment où mots et couleurs se sont mêlés avec sensibilité.
Animé avec finesse et bienveillance par l’écrivain Youcef Zirem, cet échange a permis de découvrir le parcours artistique singulier de Zina Amour, une artiste dont le travail se distingue par sa force expressive et sa dimension profondément humaine. Au fil de la discussion, elle a évoqué les sources de son inspiration, son rapport à la mémoire, ainsi que les liens subtils entre son histoire personnelle, les territoires culturels qui l’habitent et les formes picturales qu’elle explore.
La conversation a progressivement dévoilé un univers artistique lumineux, où la peinture ne se limite pas à une recherche esthétique mais devient un espace de dialogue et de transmission. Dans ses œuvres, les couleurs, les matières et les symboles composent un langage visuel qui interroge l’identité, l’exil, la mémoire et la place des femmes dans les récits contemporains.
Le public, attentif et engagé, a participé à cet échange en posant des questions et en partageant ses impressions, créant ainsi une véritable conversation collective autour de l’art et de la création. Ce moment a également rappelé combien les lieux culturels indépendants, comme L’Impondérable, jouent un rôle précieux en offrant des espaces de rencontre entre artistes, écrivains et publics.
En célébrant la création féminine à l’occasion du 8 mars, cette rencontre a mis en lumière la voix singulière de Zina Amour, tout en soulignant la capacité de l’art à tisser des ponts entre les cultures, les sensibilités et les générations. Un moment suspendu, où littérature et peinture se sont rencontrées pour donner naissance à un dialogue riche, sensible et profondément humain.
De la science à la peinture
Le parcours de Zina Amour est marqué par une trajectoire riche, sensible et profondément ouverte sur le monde. Originaire de Kabylie, elle a d’abord vécu à Alger, ville de rencontres et de mouvements, avant de poursuivre son chemin en Bretagne. Cet itinéraire, traversant plusieurs territoires et horizons culturels, a façonné un regard ouvert sur le monde. Entre montagnes kabyles, mémoire méditerranéenne et paysages atlantiques, son expérience personnelle relie des espaces, des histoires et des sensibilités qui nourrissent aujourd’hui son univers artistique.
Cette pluralité d’influences se retrouve dans sa manière d’habiter la peinture. Les déplacements géographiques ne sont pas seulement des étapes de vie ; ils deviennent des couches de mémoire, des résonances intérieures qui s’inscrivent dans les textures, les couleurs et les gestes de l’artiste. Chez Zina Amour, la création apparaît ainsi comme un lieu où se rencontrent les cultures, où les souvenirs dialoguent avec le présent, et où l’identité se construit dans le mouvement.
Avant de se consacrer pleinement à la peinture, son parcours s’est d’abord inscrit dans le domaine scientifique. Professeure de mathématiques, elle a longtemps travaillé dans un univers régi par la logique, la démonstration et la précision. Mais loin d’être une rupture, le passage de la science à l’art apparaît plutôt comme une continuité profonde. On y retrouve la même curiosité face au monde, le même désir d’explorer, de comprendre et de donner forme au réel.
Les mathématiques, avec leur sens des structures, des équilibres et des relations invisibles, ont sans doute contribué à affiner son regard. Dans sa pratique artistique, cette sensibilité à l’ordre et aux rythmes se transforme en une recherche plastique où les formes dialoguent, les lignes entrent en résonance et l’espace de la toile devient un champ d’expérimentation.
Chez Zina Amour, la rigueur de l’observation se mêle ainsi à une forte présenceartistique. Cette complémentarité nourrit une œuvre où l’intuition et la réflexion avancent ensemble. La peinture devient un lieu de questionnement où l’artiste interroge la matière, la trace et le geste, comme autant de moyens d’approcher ce qui se dérobe au regard immédiat.
Dans ses tableaux, la matière occupe une place essentielle : elle est travaillée, superposée, parfois creusée ou effleurée, comme si chaque couche cherchait à faire émerger une mémoire enfouie. Les traces, les textures et les fragments visuels deviennent alors les signes d’une histoire intérieure, d’un dialogue silencieux entre passé et présent.
Ainsi, la démarche artistique de Zina Amour s’inscrit dans une recherche à la fois sensible et réfléchie. Sa peinture ne se contente pas de représenter ; elle explore, elle interroge et elle révèle. À travers la matière et la couleur, l’artiste compose un espace où la mémoire personnelle rejoint une dimension plus universelle, invitant le regardeur à entrer, lui aussi, dans ce territoire de résonances et de sens.
La rencontre avec Mouloud Mammeri
La rencontre de Zina Amour avec l’écrivain et anthropologue Mouloud Mammeri à Alger constitue l’un des souvenirs les plus marquants de son parcours. Cette rencontre agit comme une révélation et un encouragement décisif. Figure majeure de la culture amazighe et de la vie intellectuelle algérienne, Mammeri perçoit très tôt chez elle un potentiel remarquable.
Avec la bienveillance et la lucidité qui le caractérisaient, Mouloud Mammeri l’encourage à poursuivre son chemin et à cultiver à la fois sa rigueur intellectuelle et sa sensibilité artistique. Selon les souvenirs qu’elle partage aujourd’hui avec émotion, il voyait déjà en elle une personnalité capable de conjuguer plusieurs dimensions : celle d’une scientifique brillante, mais aussi celle d’une artiste engagée, attentive à la mémoire et aux identités culturelles.
Cette rencontre ne se limite pas à un simple échange intellectuel. Mouloud Mammeri lui transmet également un héritage culturel précieux : il lui apprend les bases du Tifinagh, l’alphabet ancestral de la langue amazighe. Ce geste, à la fois symbolique et pédagogique, prend pour Zina Amour une valeur profonde. Il représente une invitation à se réapproprier une histoire, une langue et une mémoire souvent marginalisées.
Plus tard, dans son travail artistique, cette dimension culturelle réapparaît de manière subtile. Les signes, les traces et les symboles présents dans certaines de ses œuvres peuvent être perçus comme des échos lointains de cette initiation, comme si l’écriture et la peinture se rejoignaient dans une même quête de transmission.
Lors de la rencontre au café littéraire L’Impondérable, l’artiste évoque ce souvenir avec une émotion palpable. Le public découvre alors l’importance de cette figure tutélaire dans la construction de son regard et de sa sensibilité. Ce moment de mémoire a pris une résonance particulière sous l’œil attentif du poète, journaliste et artiste peintre Farid Mammeri, présent parmi l’assistance. Sa présence conférait à l’évocation de Mouloud Mammeri une dimension presque symbolique : celle d’un passage, d’un relais entre générations d’intellectuels et d’artistes attachés à la transmission culturelle. Dans l’atmosphère chaleureuse du café littéraire, ce souvenir partagé est ainsi devenu bien plus qu’une anecdote biographique : un moment de mémoire collective où littérature, histoire et art se rejoignent pour rappeler l’importance de celles et ceux qui encouragent, inspirent et ouvrent des chemins.
Une œuvre traversée par la mémoire et la matière
Les œuvres présentées lors de cette rencontre, réunies sous le titre « Fragments de présence », constituent un ensemble à la fois intime et méditatif. À travers ces tableaux, Zina Amour explore différentes tonalités de l’expérience humaine : la pudeur, la mémoire, la persistance intérieure. Il ne s’agit pas d’illustrer des idées, mais de faire émerger des états sensibles, presque silencieux, qui se révèlent dans la matière même de la peinture.
Dans cette série, chaque œuvre semble porter la trace d’un moment suspendu, d’une présence fragile mais tenace. La peinture devient un espace de révélation lente, où les formes apparaissent, disparaissent parfois, puis réapparaissent sous une autre lumière. L’artiste travaille avec des supports simples et des matériaux sensibles, papier, encres, feuilles, pigments, qui introduisent une dimension presque organique dans le travail pictural. Trois pièces dialoguent particulièrement au sein de cet ensemble.
Hechma, réalisée en technique mixte sur des feuilles collées, laisse deviner une figure qui affleure entre les couches de matière. Le mot hechma, profondément ancré dans les cultures maghrébines, renvoie à la pudeur. Mais ici, il ne s’agit pas d’un effacement ou d’une disparition : la pudeur devient plutôt un mode de présence. La figure ne s’impose pas frontalement ; elle se révèle progressivement, à travers des fragments, des voiles de matière, des transparences. Le regard du spectateur est ainsi invité à approcher l’image avec délicatesse, comme on approcherait une confidence.
Palimpseste, composé d’encre et de feuilles séchées, s’inscrit dans une autre temporalité. L’œuvre évoque la stratification du temps et de la mémoire. Comme les anciens manuscrits où l’écriture effacée laisse encore apparaître ses traces sous un nouveau texte, la surface de l’œuvre garde la mémoire de ce qui a été. Les feuilles, les encres et les superpositions créent un réseau de signes discrets, suggérant que l’identité humaine est faite de couches successives : des expériences, des oublis, des effacements et des réécritures. Rien n’est jamais totalement effacé ; tout laisse une empreinte.
La troisième pièce, Tenir l’horizon, réalisée à l’huile au couteau, introduit une énergie différente. La matière y est plus dense, le geste plus affirmé. Une figure, ou peut-être simplement une présence, semble se dresser face à l’espace ouvert de la toile. L’horizon devient ici une ligne symbolique : celle qui sépare et relie à la fois le passé et l’avenir. « Tenir l’horizon », c’est affirmer une posture de veille, de résistance tranquille, une manière de rester debout malgré l’incertitude du monde.
Dans ces œuvres, la matière picturale dialogue constamment avec la fragilité du support. Le papier, les traces d’encre, les strates de pigments et les gestes visibles de l’artiste composent un langage où chaque élément a son importance. Rien n’est décoratif ; chaque texture, chaque marque semble porter une mémoire.
Ainsi, Fragments de présence apparaît comme une réflexion sensible sur la manière dont l’être humain habite le temps et l’espace. La peinture devient un lieu de méditation sur la mémoire, sur ce qui persiste malgré l’effacement, et sur cette force intérieure, discrète mais essentielle, qui permet à chacun de tenir dans le monde.
Une peinture entre cultures et territoires
De la Kabylie à Alger, puis de l’Algérie à la Bretagne, le parcours de Zina Amour illustre avec force la capacité de l’art à voyager avec les êtres. Les déplacements géographiques, les changements de paysages et de contextes culturels ne rompent pas le fil de la création ; au contraire, ils l’enrichissent et l’approfondissent. Chez l’artiste, chaque lieu traversé devient une source de mémoire et d’inspiration, une trace qui s’inscrit peu à peu dans la matière même de la peinture.
Entre les montagnes de Kabylie, la vitalité d’Alger et les horizons maritimes de la Bretagne, son itinéraire dessine une trajectoire faite de rencontres et de résonances. Ces territoires ne sont pas simplement des lieux de vie successifs : ils constituent un véritable paysage intérieur qui nourrit son imaginaire et sa sensibilité artistique.
Ses toiles témoignent ainsi d’un dialogue constant entre les terres et les cultures. Les couleurs, les textures et les gestes picturaux semblent parfois porter la mémoire de ces espaces multiples. Dans cette peinture, rien n’est figé : les influences se croisent, se répondent et se transforment, comme si chaque œuvre devenait un point de rencontre entre différentes histoires et différentes traditions.
Les paysages intérieurs qu’elle propose ne sont pas seulement géographiques. Ils sont aussi symboliques. Ils évoquent les chemins de la mémoire, les déplacements de l’identité et les multiples strates qui composent une vie. Dans ses tableaux, les formes et les matières suggèrent souvent des passages, des horizons, des traces de territoires imaginaires où se rejoignent souvenirs personnels et expériences collectives.
Ainsi, la peinture de Zina Amour relie les mémoires, les expériences et les identités. Elle traduit la complexité des parcours contemporains, où les appartenances se superposent et dialoguent plutôt qu’elles ne s’opposent.
Sa démarche artistique prend alors une dimension plus universelle. Au-delà des origines et des frontières, sa peinture apparaît comme un langage sensible, capable de parler à chacun. Par la simplicité de ses matériaux, par la profondeur de ses gestes et par l’intensité silencieuse de ses œuvres, elle ouvre un espace de partage où des regards différents peuvent se reconnaître dans une même émotion.
En ce sens, l’art de Zina Amour rappelle que la création possède une force particulière : celle de réunir. Réunir des cultures, des mémoires et des sensibilités autour d’une expérience commune, celle du regard et de la présence.
L’émancipation par la création
La tenue de cette rencontre le 8 mars, date de la Journée internationale desdroits des femmes, donnait à l’événement une résonance particulière. Dans ce cadre symbolique, la rencontre autour de Zina Amour ne prenait pas seulement la forme d’un échange artistique ; elle devenait aussi un moment de réflexion sur la place des femmes dans les espaces de création, de pensée et de transmission culturelle.
Le parcours de l’artiste en est une illustration éloquente. Entre la Kabylie, Alger et la Bretagne, entre les sciences et la peinture, entre mémoire personnelle et expression artistique, Zina Amour a construit un chemin unique, guidé par la fidélité à ses aspirations profondes. Son itinéraire rappelle que l’émancipation des femmes ne se limite pas aux conquêtes sociales ou politiques : elle passe aussi par la possibilité de créer, de penser librement et de tracer son propre horizon.
La création artistique devient alors un espace de liberté. Elle permet de faire entendre une voix, de donner forme à une expérience du monde et de transmettre une vision sensible de l’existence. Dans le cas de Zina Amour, cette liberté s’exprime avec discrétion et profondeur. Son œuvre ne cherche pas l’effet spectaculaire ni la démonstration. Elle s’inscrit plutôt dans une forme de présence continue, patiente, presque méditative.
Cette persistance constitue l’une des forces de sa peinture. À travers les couches de matière, les traces, les fragments et les silences qui habitent ses toiles, se dessine une présence intérieure. Une présence qui affirme la dignité de l’être humain, la richesse de la mémoire et la possibilité d’une lumière malgré les fragilités de l’existence.
Dans cet univers pictural, la figure féminine, qu’elle soit visible ou suggérée, apparaît souvent comme une force tranquille. Elle n’est pas représentée dans une posture héroïque ou spectaculaire, mais dans une forme de profondeur intérieure : une manière d’être au monde, faite de résistance douce, de pudeur et de continuité.
Ainsi, à travers son travail, Zina Amour propose une vision de la femme qui rejoint celle de l’art lui-même : une présence capable de porter la beauté, mais aussi la mémoire et le sens. Dans ses œuvres, la femme n’est pas seulement un sujet ; elle devient une source de lumière, une figure de transmission et d’équilibre.
Dans le contexte du 8 mars, cette dimension prenait une signification particulière. La rencontre au café littéraire devenait alors un espace où l’art et la réflexion se rejoignaient pour rappeler que la création, lorsqu’elle est habitée par la sincérité et la profondeur, peut être l’une des formes les plus puissantes d’affirmation et de liberté.
Une rencontre marquante
Le débat animé par l’écrivain Youcef Zirem a permis au public d’entrer avec finesse dans l’univers de l’artiste. Par la qualité de ses questions et la sensibilité de son regard d’écrivain, il a su ouvrir des chemins de compréhension autour de l’œuvre de Zina Amour. Son approche, à la fois attentive et profonde, ne se limitait pas à l’analyse technique des œuvres : elle invitait plutôt à explorer les dimensions intérieures de la création, les souvenirs, les influences et les expériences qui nourrissent le geste artistique.
Au fil de l’échange, ses interventions ont permis de mettre en lumière la cohérence du parcours de l’artiste, entre science et peinture, mémoire et présence. Par touches successives, il a aidé le public à percevoir ce qui se joue derrière les formes et les matières : une recherche de sens, une attention à la trace, et une manière très personnelle d’habiter le monde à travers la peinture.
Le dialogue entre l’écrivain et l’artiste s’est ainsi transformé en une véritable conversation culturelle, où littérature et peinture se répondaient. Les mots de l’un semblaient parfois prolonger les couleurs de l’autre, créant une atmosphère d’écoute et de réflexion partagée. Cette médiation littéraire a permis au public d’approcher les œuvres avec un regard plus attentif, plus sensible aux nuances et aux silences qui les traversent.
Ce moment fut également marqué par une dimension profondément humaine et chaleureuse. Parmi les personnes présentes se trouvait la petite-fille de l’artiste. Sa présence discrète mais lumineuse a apporté à la rencontre une note de douceur et de joie. Son sourire, souvent tourné vers sa grand-mère, semblait rappeler que derrière le parcours artistique et les œuvres exposées se trouve aussi une histoire de transmission familiale et d’affection.
Cette présence intergénérationnelle donnait à la rencontre une résonance particulière. Elle rappelait que l’art n’est pas seulement une pratique individuelle : il s’inscrit aussi dans des liens humains, dans des héritages sensibles et dans des gestes de transmission. Entre mémoire, création et regard tourné vers l’avenir, la figure de l’enfant introduisait ainsi une touche de légèreté et d’espérance au cœur de cette soirée dédiée à l’art et au partage.
Une œuvre entre deux rives
L’œuvre de Zina Amour s’inscrit dans une recherche subtile où la peinture devient bien plus qu’un simple acte de création : elle devient un espace de présence, de mémoire et de réflexion. À travers ses gestes, ses matières et ses silences, l’artiste construit un langage visuel qui interroge la manière dont les êtres humains habitent le monde et portent en eux les traces du temps.
Son parcours atypique, situé au croisement de plusieurs expériences et de plusieurs territoires, éclaire profondément sa démarche artistique. Entre la rigueur de la science qu’elle a longtemps pratiquée et la liberté de la création picturale, entre l’Algérie de ses origines et la Bretagne où elle poursuit aujourd’hui son chemin, Zina Amour tisse une œuvre nourrie par le dialogue des cultures et des sensibilités.
Dans ses toiles, la matière devient mémoire. Les strates, les traces et les fragments témoignent d’une attention particulière à ce qui demeure malgré l’effacement. Rien n’y est spectaculaire ni démonstratif : la force de son travail réside au contraire dans une présence discrète, presque méditative, qui invite le regard à ralentir et à entrer en relation plus intime avec l’œuvre.
Ses peintures ne cherchent pas l’éclat immédiat ; elles exigent une attention patiente. Elles se dévoilent progressivement, comme des paysages intérieurs où chaque texture, chaque nuance et chaque silence participe à la construction d’un sens plus profond.
À travers cette démarche, l’art apparaît comme un lieu de rencontre. Rencontre entre les cultures, d’abord, puisque son travail porte la mémoire de plusieurs espaces et de plusieurs traditions. Rencontre entre les générations, ensuite, car la création s’inscrit toujours dans une continuité faite de transmission et d’échanges. Rencontre enfin entre les sensibilités, puisque chaque regard posé sur l’œuvre prolonge le dialogue ouvert par l’artiste.
Ainsi, la peinture de Zina Amour rappelle que l’art possède une force essentielle, celle de relier. Relier les histoires individuelles aux mémoires collectives, les territoires aux imaginaires, le passé au présent.
Au-delà des frontières géographiques et du passage du temps, ses œuvres affirment une idée simple mais profonde : peindre, c’est aussi tenir une présence, tenir une mémoire, et peut-être, dans la fragilité même de la matière, continuer à tracer un horizon.
Brahim Saci
Site de l’artiste peintre Zina Amour : www.zina-amour.com
L’artiste peintre Zina Amour invitée de l’écrivain Youcef Zirem au café littéraire parisien de L’Impondérable :

