Tebboune opère un remaniement ministériel centré sur les Hydrocarbures et les Mines

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé ce jeudi 9 avril à un remaniement ministériel ciblé, recentré sur deux secteurs stratégiques : les Hydrocarbures et les Mines, rapporte l’APS.

Le président Abdelmadjid Tebboune a opéré, jeudi, « un remaniement ministériel, en vertu duquel il a nommé Mohamed Arkab, ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mourad Hanifi, ministre des Mines et des Industries minières, et Mme Karima Tafer, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Mines et des Industries minières », indique l’APS qui cite un communiqué de la Présidence de la République.

Cette décision intervient dans un contexte de réajustements gouvernementaux successifs, marqué notamment par le limogeage récent du ministre de l’Hydraulique à la suite de la crise de l’eau potable à Annaba.

Tebboune opère un remaniement ministériel partiel mais stratégique

Selon le communiqué de la Présidence, trois nominations structurent ce remaniement partiel mais stratégique.

Il s’agit tout d’abord de Mohamed Arkab, nommé ministre d’État, ministre des Hydrocarbures. Déjà figure centrale du secteur énergétique, il retrouve un portefeuille clé dans un contexte où l’Algérie cherche à consolider ses capacités de production et à renforcer ses partenariats internationaux.

Ensuite, Mourad Hanifi qui prend la tête du ministère des Mines et des Industries minières. Il hérite d’un secteur que Mohamed Arkab supervisait auparavant, signe d’une volonté de spécialisation et de clarification des responsabilités.

Enfin, on retrouve Karima Tafer, nommée secrétaire d’État auprès du ministre des Mines et des Industries minières, chargée d’appuyer la mise en œuvre des politiques minières et d’accompagner les projets d’exploration et de production.

Un contexte de tensions et de réformes

Ce remaniement survient au lendemain du départ du ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, évincé après la panne majeure de la station de dessalement d’El Tarf, qui avait provoqué une pénurie d’eau à Annaba. Cette crise avait suscité de vives critiques et mis en lumière les fragilités de certaines infrastructures publiques.

Par ailleurs, il intervient quelques jours après un Conseil des ministres durant lequel le président Tebboune avait insisté sur l’urgence d’accélérer le développement du secteur minier.

Il avait notamment ordonné la « présentation en Conseil des ministres, dans les plus brefs délais, du plan d’exploration dans ce secteur (mines), lequel doit définir avec précision et en détail les filières minières prioritaires pour la prochaine étape, tout en établissant rigoureusement les échéances d’exploitation et de production. »

Objectif : renforcer la souveraineté économique

À travers ces ajustements, la Présidence semble vouloir donner un nouvel élan à deux secteurs considérés comme essentiels pour la diversification économique du pays. Le chef de l’État a rappelé que l’Algérie vise une trajectoire de « puissance économique sûre », fondée sur des résultats concrets et mesurables sur le terrain.

Le découplage des portefeuilles des Hydrocarbures et des Mines, confiés désormais à deux ministres distincts, traduit une volonté de spécialisation accrue et de montée en puissance du secteur minier, longtemps resté en retrait par rapport au secteur énergétique.

Une recomposition qui appelle des résultats

Ce remaniement, bien que limité en nombre, s’inscrit dans une dynamique de réorganisation plus large. Il met en avant des profils expérimentés et vise à renforcer l’efficacité administrative dans des secteurs où les enjeux économiques, stratégiques et géopolitiques sont majeurs.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’impact de ces changements, notamment à travers la présentation du plan d’exploration minière et la gestion des défis énergétiques à venir.

Saïd A./APS