Site icon Diasporadz – Tout sur la diaspora algérienne

Sid Ahmed Agoumi s’éteint à l’âge de 86 ans

sid ahmed agoumi

Avec le décès de Sid Ahmed Agoumi, le théâtre et le cinéma algériens perdent l'un de leurs plus grands comédiens. Photo APS

L’acteur Sid Ahmed Agoumi, figure incontournable du théâtre, du cinéma et de la télévision algériens, est décédé à l’âge de 86 ans. Fort d’une carrière de plus de soixante ans, il laisse derrière lui une œuvre considérable et le souvenir d’un artiste dont le talent a marqué plusieurs générations.

Le monde de la culture algérienne est en deuil. L’artiste Sid Ahmed Agoumi, de son vrai nom Ahmed Meziane, est décédé à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui une carrière exceptionnelle de plus de six décennies au service du théâtre, du cinéma et de la télévision.

Né le 5 octobre 1940 à Alger, celui que plusieurs générations de spectateurs ont admiré sur scène comme à l’écran comptait parmi les figures majeures de l’art dramatique algérien. Comédien à l’élégance rare et au talent unanimement reconnu, il a marqué de son empreinte le paysage culturel national grâce à une trajectoire artistique riche et diversifiée.

C’est dans les années 1960 que Sid Ahmed Agoumi fait ses premiers pas sur les planches. Il participe alors à plusieurs œuvres marquantes du théâtre algérien, parmi lesquelles Les Enfants de la Casbah, Le Cadavre encerclé, Le Vent ou encore L’Homme aux sandales de caoutchouc. Plus tard, il s’illustrera également dans des productions emblématiques comme Babor Ghraq de Slimane Benaïssa.

À LIRE AUSSI
Prix Nobel de la paix : le Freedom Theatre de Palestine nominé

Au cinéma, sa présence imposante et son jeu nuancé lui ouvrent les portes de nombreuses productions nationales et internationales. Il apparaît notamment dans Z de Costa-Gavras, Les Hors-la-loi de Tewfik Farès, Automne, octobre à Alger de Mohamed Lakhdar-Hamina ou encore Le Moulin de Monsieur Fabre. Au total, l’acteur aura participé à plus d’une cinquantaine de films et téléfilms.

La télévision constitue également un pan important de son parcours. Le public le retrouve dans plusieurs séries à succès telles que Gourbi Palace, El Massir, Un rendez-vous avec le destin, Djemaï Family ou encore Sultan Achour 10. Ces dernières années, son interprétation du personnage de Qandil dans Achour El Acher lui avait permis de conquérir une nouvelle génération de téléspectateurs.

Au-delà de son travail de comédien, Sid Ahmed Agoumi a également occupé d’importantes fonctions de gestion culturelle. Il a notamment dirigé le Théâtre régional d’Annaba, le Théâtre national algérien ainsi que la Maison de la culture de Tizi Ouzou, contribuant ainsi au développement et au rayonnement des institutions culturelles du pays.

Dans son ouvrage Ma piste aux étoiles publié en 2015, le journaliste et écrivain Nadjib Stambouli le décrivait comme « un homme de théâtre exigeant », ajoutant qu’il semblait vivre en permanence dans l’univers de la scène, « si habité par le théâtre qu’il semblait y être né, dans les coulisses ».

Avec la disparition de Sid Ahmed Agoumi, l’Algérie perd l’un de ses plus grands comédiens, un artiste dont le parcours aura traversé les générations et accompagné l’évolution du théâtre, du cinéma et de la télévision algériens. Son héritage artistique, riche de rôles devenus pour certains emblématiques, continuera de vivre dans la mémoire du public et dans l’histoire culturelle nationale.

S. B. B./APS

Quitter la version mobile