Pédocriminalité : un surveillant de collège mis en examen pour 41 victimes

Un scandale majeur de pédocriminalité secoue la Nièvre où un surveillant de collège a été mis en examen pour manipulation et agression sexuelle sur 41 élèves.

Selon les révélations de Mediapart, Damien C., un surveillant de 24 ans, assistant d’éducation dans un collège de Cosne‑Cours‑sur‑Loire, dans la Nièvre, est accusé d’avoir manipulé et agressé sexuellement des dizaines d’élèves.

L’enquête judiciaire fait état de 41 victimes potentielles, un chiffre exceptionnel qui met en lumière les failles de la protection des mineurs dans l’Éducation nationale.

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Un surveillant qui ciblait les élèves via les réseaux sociaux

Recruté en 2022, Damien C. approchait les collégiens sur Snapchat, Instagram ou TikTok, en utilisant des comptes où les messages disparaissaient automatiquement.

D’après les éléments rapportés par Mediapart lundi 30 mars, le surveillant alternait humour, insultes humiliantes et sollicitations sexuelles pour pousser les enfants à envoyer des photos intimes. Il envoyait lui-même des images explicites et proposait des rencontres secrètes.

Le surveillant est aujourd’hui mis en examen pour agressions sexuelles sur trois mineurs et corruption de mineurs concernant 41 élèves. Le juge d’instruction envisage désormais une mise en examen pour viol, après de nouveaux témoignages, rapporte Mediapart.

Des signaux d’alerte ignorés dans l’établissement

L’enquête montre que plusieurs collègues avaient remarqué des comportements inquiétants : vulgarité, proximité excessive avec certains élèves, échanges sur les réseaux sociaux, cours particuliers improvisés, voire sorties en voiture. Pourtant, aucun signalement officiel n’a été transmis à la hiérarchie.

Une assistante d’éducation reconnaît même, dans une déclaration à Mediapart, avoir vu un message avec un cœur rouge adressé à un élève sans rien signaler. La direction affirme n’avoir découvert les faits qu’après la dénonciation d’un parent en septembre 2024.

Cosne‑Cours‑sur‑Loire avait déjà été traumatisée dans les années 1990 par l’affaire d’un instituteur surnommé « le Kaiser », auteur de dizaines d’agressions sexuelles.

Pour la psychologue Stéphanie Coeugnet Chevrier, interrogée par Mediapart, cette répétition révèle « le poids des tabous » et la difficulté à briser le silence autour des violences sexuelles.

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Des victimes en souffrance et une prise en charge insuffisante

Les expertises psychologiques décrivent des traumas importants : troubles du sommeil, anxiété, violences, décrochage scolaire. Pourtant, selon les familles citées par Mediapart, la prise en charge institutionnelle reste très insuffisante : les délais d’attente sont de plusieurs mois en pédopsychiatrie et peu d’enfants sont suivis par France Victimes. Ce qui nourrit un sentiment d’abandon, un an et demi après les faits.

« Un an et demi après, on est complètement oubliés », déclare une mère en colère, qui considère que l’Éducation nationale essaie de « minimiser » le scandale, rapporte Mediapart.

Certaines familles envisagent désormais de poursuivre l’Éducation nationale, accusée d’avoir minimisé l’affaire, à l’instar de cette ancienne directrice académique qui parle d’un simple « incident impliquant un assistant d’éducation » !

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Un scandale qui interroge la capacité de l’institution à protéger les mineurs

L’affaire de Cosne‑Cours‑sur‑Loire met en lumière des failles structurelles dans la protection des élèves : absence de signalements internes malgré des comportements inquiétants, manque de formation des personnels à la détection des violences sexuelles, et lenteur de la prise en charge psychologique des victimes. Pour les associations locales interrogées par Mediapart, ces défaillances montrent qu’« il ne suffit pas d’indigner, il faut prévenir ».

Cette situation fait écho à d’autres cas récents, notamment ceux révélés dans les écoles parisiennes, où trois hommes ont été interpellés pour agressions sexuelles sur enfants. Comme le rapportait DiasporaDZ, ces affaires ont mis en évidence des zones d’ombre similaires : absence de vigilance, manque de coordination entre services, et difficulté à instaurer une culture du signalement au sein des établissements scolaires.

Dans les deux cas, les familles dénoncent un sentiment d’abandon et une institution qui réagit trop tard, une fois les faits commis. Pour les associations de protection de l’enfance, il devient urgent de renforcer les dispositifs de prévention, d’écoute et de formation, afin d’éviter que de tels drames ne se répètent — que ce soit dans la Nièvre, à Paris, ou ailleurs.

Synthèse S. B. B.