7.7 C
Alger
vendredi,23janvier,2026

Top 5 Semaine

LIRE AUSSI

Maintien de Morandini sur CNews : Mabrouk prend ses distances

Face au maintien de Jean‑Marc Morandini à l’antenne de CNews malgré sa condamnation, Sonia Mabrouk prend ses distances. La journaliste assure que cette décision ne relève pas d’elle et refuse que son respect pour son employeur soit interprété comme une caution.

La décision de garder Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews malgré sa condamnation pour corruption de mineurs « ne m’appartient pas », a déclaré ce mardi 20 janvier l’une des vedettes de la chaîne, Sonia Mabrouk, selon qui « le respect » qu’elle voue à sa direction n’équivaut pas à « cautionner » ce maintien.

« La décision de maintenir Jean-Marc Morandini, c’est une décision qui ne m’appartient pas. C’est la direction de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il, à son égard », a affirmé la journaliste à la fin de son interview politique, après avoir été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj.

« Votre question est légitime, j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours », a dit la journaliste, première figure de la chaîne à prendre publiquement ses distances avec le maintien de M. Morandini à l’antenne.

« J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle », a-t-elle également développé.

« Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineurs », a-t-elle ajouté, en se définissant comme une « mère de famille (…) engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ».

« Ça a été jugé par la justice française, il reste la justice européenne, je ne veux pas me substituer à la justice. Je voudrais simplement dire : il n’a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession », a nuancé Sonia Mabrouk.

Interrogée ultérieurement par Le Parisien, la présentatrice a affirmé ne pas « vouloir de chasse à l’homme » ou « vouloir abattre quelqu’un ». « Mais sur ce sujet, il n’y a pas d’ambiguïté à avoir. Ce n’est pas à géométrie variable. Ce n’est pas négociable. La justice française est passée », a-t-elle ajouté, assurant qu’elle aurait conseillé à M. Morandini de « prendre du recul » si elle avait été l’une de ses proches.

Une décision qui place les employés de CNews dans l’embarras

La prise de distance de Sonia Mabrouk illustre à quel point la décision de maintenir Jean‑Marc Morandini à l’antenne place les employés de la chaîne d’extrême droite, CNews, dans une position inconfortable, contraints de répondre publiquement d’un choix controversé qui relève exclusivement de leur direction.

Le 15 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de M. Morandini pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.

Dans la foulée, CNews a annoncé son maintien à l’antenne pour son émission quotidienne, et l’animateur a indiqué qu’il envisageait de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.

« On assume complètement » cette décision, a déclaré Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France. CNews, première chaîne info de France en part d’audience, appartient à ce groupe, qui est dans le giron du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré.

Samira B. B./AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

DERNIERS Articles