Le président du Medef, Patrick Martin, souhaite « contribuer à ce que les relations se détendent » entre la France et l’Algérie, avant une visite de deux jours à l’invitation de l’organisation patronale homologue, le Crea, a-t-il indiqué jeudi 23 avril sur Radio Classique.
Patrick Martin se rend à Alger ce jeudi 23 avril en petit comité, accompagné notamment du coprésident français du conseil d’affaires algéro-français, Yannick Morillon, mais pas à la tête d’une délégation d’entreprises, avait indiqué l’organisation patronale à l’AFP.
« On sait très bien qu’il y a un froid. Et si le monde des affaires, à sa place, peut contribuer à ce que les relations se détendent, parce que l’Algérie est un partenaire important pour la France d’une manière générale, pour son économie en particulier », a déclaré le président du Medef qui ajoute : « Si je peux apporter ma contribution à cela, ça sera bien. »
Le Medef va « jouer son rôle en contribuant à ce qu’on renoue avec une relation plus apaisée » car « il est indispensable qu’on travaille avec le plus grand nombre de pays à travers la planète, surtout quand ils sont à proximité géographique et culturelle », a-t-il poursuivi.
Patrick Martin a également affirmé que le Medef « avait contribué au dégel des relations avec le Maroc en 2024 ».
Cette annonce intervient après l’amorce d’un dégel diplomatico-sécuritaire avec l’Algérie, lors de la visite, mi-février à Alger, du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez.
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A la mi-mars, les chefs de la diplomatie des deux pays, Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf, se sont entretenus pour la première fois depuis des mois pour évoquer « les enjeux de la relance de la coopération bilatérale ».
La relation entre la France et l’Algérie est très fortement dégradée depuis la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental.
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Dans ce territoire au « statut non autonome » dont la décolonisation n’est pas terminée, selon l’ONU, un conflit oppose depuis 50 ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par plusieurs pays, dont l’Algérie. La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est reconnue également par plusieurs Etats dans le monde.
L’Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur en France et la situation a continué de se dégrader ensuite.
L’incarcération pendant un an de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a ajouté aux tensions jusqu’à qu’il soit grâcié par le président algérien en novembre 2025. La relation bilatérale s’est améliorée depuis, malgré la détention qui se prolonge pour le journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné pour « apologie du terrorisme ». Ses soutiens dénoncent une détention politique.
Les tensions entre les deux pays sont savamment alimentées par des campagnes de haine contre l’Algérie et les Algériens menées par les cercles d’extrême droite colonialistes et sionistes et leurs relais médiatiques.
Pourtant, d’importantes entreprises françaises sont implantées en Algérie, comme TotalEnergies et plusieurs grandes banques.
Les milieux d’affaires des deux pays, inquiets des retombées économiqures de ces tensions, ont tenté à plusieurs reprises de réchauffer les relations comme avec la visite du patron du géant maritime CMA CGM Rodolphe Saadé reçu par le président Abdelmadjid Tebboune à Alger en juni 2025.
Les échanges commerciaux franco-algériens ont représenté 11,1 milliards d’euros en 2024, selon la Direction générale du Trésor, dont 4,8 milliards d’exportations de laFrance vers l’Algérie et 6,3 milliards d’importations, essentiellement constituées d’hydrocarbures.
S. A./AFP

