7.7 C
Alger
vendredi,23janvier,2026

Top 5 Semaine

LIRE AUSSI

JMCA 2026 : la culture et la paix pour prévenir les guerres

Chaque 24 janvier, la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA) nous rappelle une vérité essentielle : la culture n’est pas un luxe, elle est une nécessité vitale pour la paix et pour prévenir les guerres de demain.

Dans un monde traversé par des crises multiples, où les conflits armés se nourrissent de fractures identitaires, de manipulations idéologiques et de désespoir social, la culture demeure l’un des derniers remparts contre la violence.

La célébration officielle organisée le 26 janvier 2026 au Siège de l’UNESCO s’inscrit dans cette urgence historique, autour d’un thème d’une actualité brûlante :

Héritage culturel, progrès et harmonie : engager la jeunesse africaine et mondiale afin de renforcer la paix dans le monde.

La culture comme ligne de défense contre la guerre

Les guerres contemporaines ne surgissent pas par hasard. Elles sont souvent le résultat d’un long processus de désagrégation sociale : effacement des repères culturels, instrumentalisation des identités, négation de la dignité humaine. Lorsque la culture est marginalisée, la violence trouve un terrain fertile.

La JMCA agit précisément à cet endroit stratégique. Elle rappelle que les cultures africaines et afrodescendantes portent des traditions de dialogue, de médiation, de respect de la vie et de solidarité communautaire. Ces valeurs, loin d’être circonscrites à un espace géographique, constituent une ressource universelle pour penser et construire la paix.

La jeunesse : première cible, premier rempart

La jeunesse, en Afrique comme ailleurs dans le monde, est aujourd’hui la première cible des logiques de guerre. Chômage, précarité, sentiment d’injustice, désinformation numérique et discours de haine créent les conditions d’un enrôlement idéologique silencieux. Les conflits contemporains recrutent moins par la force que par la manipulation des frustrations, des peurs et des identités.

Mais cette jeunesse est aussi le premier rempart contre la guerre, à condition d’être reconnue, écoutée et engagée. La JMCA offre un cadre essentiel pour replacer la jeunesse africaine et mondiale au cœur des politiques culturelles et de paix. Elle lui permet de se réapproprier l’histoire, de comprendre les mécanismes de la violence et de développer un esprit critique face aux récits de division.

Éduquer à la paix par la culture

Engager la jeunesse par la culture, ce n’est pas l’éloigner des réalités politiques, économiques ou sociales. C’est au contraire lui donner les outils intellectuels, symboliques et créatifs pour y faire face sans basculer dans la violence.

Arts, patrimoine, langues, mémoire, création contemporaine et industries culturelles deviennent alors des espaces de résistance pacifique, de dialogue interculturel et de reconstruction des imaginaires. La paix se prépare dans les écoles, les universités, les lieux culturels, les scènes artistiques et les espaces numériques, bien avant de se négocier dans les sphères diplomatiques.

Une responsabilité collective et mondiale

La Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante n’est pas une simple commémoration. Elle est un appel à la responsabilité collective et mondiale. États, institutions internationales, acteurs culturels, éducateurs, médias et société civile doivent reconnaître que sans culture, il n’y a ni progrès durable, ni harmonie possible.

Cette vision, portée avec détermination par M. Ayité John Dossavi, fondateur de la JMCA, a permis l’adoption de cette Journée par l’ensemble des États membres de l’UNESCO. Elle nous oblige aujourd’hui à transformer cette reconnaissance symbolique en engagements concrets, en particulier en direction de la jeunesse, partout dans le monde.

Choisir la culture plutôt que la guerre

Face aux pièges de la guerre — manipulation, peur, haine et exclusion — la culture offre une autre voie : celle de la compréhension, de la créativité et du dialogue. Mobiliser et engager la jeunesse africaine et mondiale dans cette voie n’est pas une option. C’est une nécessité historique.

La JMCA nous rappelle que la paix ne se décrète pas. Elle se cultive, ensemble.

Par Lyazid BENHAMI
Vice-président
Comité de mobilisation de la JMCA

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

DERNIERS Articles