Pour Manuel Bompard (LFI), les fuites policières et la médiatisation de la garde à vue de Rima Hassan traduisent « une persécution judiciaire » visant l’eurodéputée.
En réaction à des informations relayées dans la presse concernant sa récente garde à vue, le député de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, affirme que l’élue franco-palestinienne Rima Hassan « fait l’objet d’une persécution judiciaire », dénonçant à la fois des fuites policières et une atteinte à la présomption d’innocence.
Des « fuites policières » qui interrogent
Selon plusieurs médias et des propagandistes d’extrême droite, des « drogues » auraient été retrouvées dans les effets personnels de Rima Hassan lors de sa garde à vue. Manuel Bompard conteste fermement ces affirmations, assurant que l’eurodéputée « n’avait aucune drogue sur elle » et dénonçant des « informations mensongères » issues de « fuites policières ».
Rima Hassan affirme qu’il ne s’agissait que de CBD, une substance légale, et que la présentation médiatique de ces éléments comme de la « drogue » relève de la désinformation.
A ne pas rater
Flotille pour Gaza : la France interdit son territoire au ministre israélien Ben Gvir« Maroc : Fin de règne » d’Omar Brouksy ou la guerre des clans au MakhzenLe Medef à Alger pour détendre les relations entre la France et l’AlgérieMême le parquet qui a communiqué à ce sujet à l’issue de la garde à vue parle de « présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée ».
« Pendant toute la journée [de jeudi 2 avril], sur la base de fuites illégales, j’ai dû subir des accusations m’imputant la possession de plusieurs drogues. (…) Seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales », écrit l’eurodéputée et juriste franco-palestinienne.
En effet, ces divulgations posent une question centrale : le respect du secret de l’enquête, garanti par l’article 11 du Code de procédure pénale. La diffusion d’éléments supposément extraits d’une procédure en cours, avant toute vérification contradictoire, constitue une atteinte potentielle à une garantie fondamentale du processus judiciaire.
Bompard indique avoir demandé à Gérald Darmanin, ministre de la Justice, et à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, des « enquêtes administratives » sur les fuites d’informations durant la garde à vue de Rima Hassan.
Une atteinte à la présomption d’innocence alimentée par la médiatisation
La reprise médiatique d’éléments non confirmés contribue, selon LFI, à installer un pré‑jugement public. Pour Manuel Bompard, la médiatisation d’informations non établies participe d’une dynamique où l’eurodéputée est présentée comme coupable avant même d’être jugée.
« Pendant toute la journée [de jeudi], sur la base de fuites policières illégales, Rima Hassan a été salie, insultée et calomniée dans toute la presse. En vérité, elle n’avait aucune drogue sur elle, seulement du CBD, parfaitement légal et utilisé à des fins médicales », dénonce Bompard. Et le député d’ajouter : « Ce n’est pas la première fois que des fuites sont organisées dans la police et la justice pour salir les insoumis. »
Il a aussi dit vouloir saisir le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, afin que les médias ayant relayé ces « fausses informations » soient sanctionnés.
Cette situation soulève la question de la présomption d’innocence, principe constitutionnel destiné à protéger toute personne mise en cause contre une condamnation médiatique anticipée.
Une vingtaine de procédures… et déjà treize acquittements
Le contexte judiciaire de Rima Hassan renforce la portée des critiques formulées par LFI. L’eurodéputée fait face à une vingtaine de plaintes, mais elle a déjà été acquittée dans treize d’entre elles.
En effet, la Franco-Palestinienne Rima Hassan, est mise en cause dans six procédures, « toujours en cours », indique le parquet de Paris vendredi 3 avril.
Le parquet précise que treize autres procédures, menées depuis janvier 2024 par le pôle national de lutte contre la haine en ligne et visant Rima Hassan, ont été classées sans suite. La plupart concernaient des tweets ou d’autres propos, signalés par l’Organisation juive européenne (OJE), d’autres organisations ou des députés.
Pour ses soutiens, cette accumulation de procédures, souvent suivies de relaxes, crée un effet d’empilement susceptible d’alimenter un récit public de culpabilité, indépendamment des décisions de justice. C’est dans ce cadre que Manuel Bompard (LFI) parle de « persécution judiciaire », expression politique visant à décrire ce qu’il considère comme un usage disproportionné de l’outil judiciaire et médiatique contre l’élue Rima Hassan.
Saïd A./Agences

