8.9 C
Alger
mercredi,7janvier,2026

Top 5 Semaine

LIRE AUSSI

Intervention militaire américaine au Venezuela : Trump en hors-la-loi

L’intervention militaire américaine déclenchée par Donald Trump dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026 marque un tournant brutal dans l’histoire contemporaine du Venezuela — et, plus largement, dans celle des relations internationales.

Sous l’autorité directe du président américain Donald Trump, les forces armées des États-Unis ont bombardé plusieurs sites stratégiques à Caracas avant de capturer Nicolas Maduro et son épouse, exfiltrés vers un navire militaire américain. Une opération unilatérale, menée sans mandat international, sans consultation du Congrès américain, et revendiquée comme un « assaut spectaculaire » par la Maison Blanche.

Une attaque éclair qui balaie la souveraineté vénézuélienne

Les explosions ont retenti peu avant 2 h du matin à Caracas, ont rapporté plusieurs sources. Fuerte Tiuna, La Carlota, plusieurs infrastructures militaires et civiles : les frappes ont touché des zones densément peuplées, sans que le bilan humain ne soit encore connu. Le chef d’état-major américain Dan Caine parle d’une opération massive, mobilisant plus de 20 bases et 150 aéronefs, préparée depuis des mois et déclenchée dès que « les conditions météorologiques se sont améliorées ».

Cette précision logistique contraste avec l’absence totale de cadre légal. Aucun mandat de l’ONU. Aucun accord bilatéral. Aucune consultation du Congrès américain, pourtant seul habilité à déclarer la guerre. Washington présente l’opération comme une simple « arrestation judiciaire » de deux fugitifs — une justification qui peine à masquer la réalité : une intervention militaire américaine, décidée par Trump, contre un État souverain, le Venezuela.

Trump revendique une tutelle américaine sur le Venezuela

Depuis Mar-a-Lago, Donald Trump, qui rêve du prix Nobel de la Paix, a assumé sans détour la nature politique de l’opération. Il a qualifié Maduro de « dictateur illégitime » et annoncé que les États-Unis « dirigeront le pays » jusqu’à une transition jugée « sûre et appropriée ».

Plus encore, il a affirmé vouloir faire intervenir les grandes compagnies pétrolières américaines pour « réparer les infrastructures » et « générer des revenus pour le pays » — une déclaration qui réactive les critiques historiques sur l’ingérence américaine en Amérique latine et sur l’exploitation des ressources naturelles comme moteur géopolitique.

L’idée même qu’une puissance étrangère puisse administrer un pays latino-américain au nom de la « justice » et de la « sécurité » renvoie à des pratiques que l’on croyait révolues.

Une intervention en rupture frontale avec le droit international

Le Venezuela a dénoncé une « agression militaire » et une tentative de « guerre coloniale » — des termes lourds, mais difficilement contestables au regard des faits. Aucun cadre juridique international ne permet à un État d’enlever le chef d’un autre État, encore moins par une opération militaire de grande ampleur.

Aux États-Unis, même certains élus républicains expriment des réserves. Le sénateur Mike Lee a souligné les risques constitutionnels d’une telle action. Mais la Maison Blanche assume : selon Marco Rubio, secrétaire d’État, il ne s’agissait pas d’une opération militaire mais d’une « arrestation » menée par des officiers judiciaires protégés par l’armée — une interprétation qui frôle l’absurde et qui vise surtout à contourner les obligations légales du président.

Un pays placé sous tutelle, une région sous tension

L’opposition vénézuélienne, en exil, a salué la capture de Maduro. Mais la perspective d’une transition pilotée depuis Washington soulève d’immenses interrogations. Qui gouvernera réellement le Venezuela dans les semaines à venir ? Quelle place pour les institutions locales ? Comment éviter que cette intervention ne ravive les fractures internes et régionales ?

L’Amérique latine, marquée par un long passé d’ingérences, observe avec inquiétude ce retour à une logique de puissance brute.

Un précédent dangereux

Au-delà du Venezuela, c’est un précédent qui inquiète : celui d’une puissance militaire qui s’arroge le droit d’intervenir, de renverser un dirigeant et d’administrer un pays au nom de sa propre conception de la justice. Un précédent qui fragilise encore davantage un droit international déjà malmené.

Saïd Aklid/Agences

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

DERNIERS Articles