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vendredi,23janvier,2026

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Didouche Mourad : le testament politique d’une conscience révolutionnaire

Figure emblématique de la lutte de libération, Didouche Mourad laisse derrière lui un testament politique d’une rare densité morale. Porté par une conscience révolutionnaire précoce et lucide, son appel à défendre les mémoires continue d’interroger notre rapport à l’histoire, à la fidélité aux idéaux fondateurs et à la transmission d’un héritage national exigeant.

La phrase de Didouche Mourad « Si nous venons à mourir, défendez nos mémoires » figure parmi les formulations les plus significatives de la pensée révolutionnaire algérienne : par sa densité éthique et sa portée anticipatrice, elle s’apparente à un véritable testament politique et moral adressé à la postérité. Elle traduit une conscience aiguë de l’histoire en devenir et une exigence de fidélité à l’égard du sacrifice consenti.

Le 18 janvier, date anniversaire de la mort de Didouche Mourad en 1955, constitue un moment de recueillement et de réflexion historique. L’hommage rendu en ce jour ne saurait se réduire à une commémoration formelle ; il appelle un retour critique sur les fondements de l’engagement révolutionnaire et sur les modalités de sa transmission dans la mémoire nationale.

Figure majeure de l’insurrection de Novembre 1954, Didouche Mourad appartient à cette génération de militants qui conçurent à la libération nationale comme une nécessité historique. La brièveté de son parcours n’amoindrit en rien la portée de son engagement politique et organisationnel ; elle en renforce, au contraire, la valeur exemplaire dans l’analyse des trajectoires révolutionnaires.

L’injonction à « défendre les mémoires » renvoie, dans une perspective universitaire, aux enjeux centraux des sciences historiques et sociales : articulation entre histoire savante et mémoire collective, critique des sources, transmission intergénérationnelle et vigilance face aux usages idéologiques du passé. Cette défense ne saurait toutefois se limiter à un travail de restitution des faits. Elle implique une fidélité active aux idéaux qui ont fondé le combat de libération — liberté, émancipation, dignité humaine et justice — sans lesquels la mémoire perdrait sa portée normative et sa signification politique.

Défendre la mémoire signifie ainsi prolonger, dans le présent, l’exigence éthique portée par la Révolution. La mémoire devient alors un cadre normatif vivant : elle engage les consciences, interpelle les institutions et invite à inscrire les idéaux fondateurs au cœur des pratiques sociales, culturelles et politiques contemporaines. Loin d’un héritage figé, elle constitue un horizon de responsabilité.

En ce 18 janvier, l’évocation de Didouche Mourad, cette figure révolutionnaire, rappelle que la mémoire nationale demeure indissociable des valeurs qui lui ont donné naissance. Tant qu’elle sera abordée avec rigueur intellectuelle, honnêteté historique et fidélité aux principes de liberté et d’émancipation, cette mémoire continuera d’éclairer la conscience historique et de nourrir l’avenir.

Lyazid Benhami

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