Dans une finale électrique de la CAN 2025, le sacre sénégalais s’est imposé au terme d’un combat d’une rare intensité, éclipsé par un scandale arbitral qui a une nouvelle fois terni la compétition. Entre décisions incohérentes, VAR silencieuse et chaos en fin de match, les Lions de la Teranga ont triomphé malgré un climat délétère.
La CAN 2025 se referme ce dimanche 18 janvier sur une image forte : le Sénégal qui soulève son deuxième trophée continental, au bout d’une finale irrespirable face au Maroc, remportée 1–0 après prolongation, malgré le parti pris flagrant de l’arbitre international congolais Jean‑Jacques Ndala Ngambo.
Retour sur les moments forts de la finale de la CAN 2025 : un sacre sénégalais mérité, obtenu dans un climat tendu, au terme d’un match de haut niveau marqué par un scandale arbitral.
Un début de match de haut niveau, le Sénégal au-dessus
Le Sénégal entre mieux dans la rencontre, plus tranchant, plus propre techniquement. Dès la 5e minute, Pape Gueye oblige Yassine Bounou à un arrêt réflexe monumental sur corner, première alerte sérieuse pour le Maroc.
Les Lions de l’Atlas répondent par quelques incursions, mais les occasions les plus nettes sont sénégalaises : Iliman Ndiaye se présente seul face à Bounou, qui sauve encore les siens du pied en fin de première période.
À la pause, le 0–0 reflète un match intense, engagé, où les deux gardiens tiennent leur rang, mais où le Sénégal donne le sentiment de maîtriser davantage son sujet.
Au retour des vestiaires, le Maroc hausse le ton. El Kaabi manque une énorme occasion à bout portant, symbole d’une équipe qui se crée enfin des situations mais bute sur un bloc sénégalais discipliné et sur un Édouard Mendy impeccable. Le match se durcit, les duels se multiplient et la blessure de Neil El Aynaoui, touché à l’arcade après un choc tête contre tête, hache encore un peu plus le rythme.
Le Sénégal plie sans rompre, Pape Thiaw ajuste son équipe avec des changements ciblés et on se dirige vers une fin de match tendue mais logique… jusqu’à ce que l’arbitrage décide de prendre toute la lumière.
Quand l’arbitre fait basculer la finale
Cette CAN 2025 avait déjà été marquée par des décisions incompréhensibles, des interventions VAR à géométrie variable et une impression persistante de bricolage arbitral. La finale va en offrir la synthèse la plus brutale.
A la 90e+2, sur corner, la tête de Seck heurte la barre, Sarr pousse au fond de la cage, le Sénégal pense enfin être récompensé. L’arbitre congolais Jean‑Jacques Ndala Ngambo ne l’entend pas de cette oreille. Contre toute attente, il annule le but pour une faute très légère sur Hakimi, un contact que beaucoup auraient laissé jouer.
Plus grave encore : aucune vérification du VAR dirigé par le fameux gabonais Pierre Ghislain Atcho n’est clairement assumée, alors qu’il s’agit d’un but potentiellement décisif en finale. C’est ce même arbitre qui avait privé l’Algérie d’un penalty flagrant en quart de finale face au Nigéria. Les Sénégalais, frustrés, commencent à douter de l’intégrité du corps arbitral.
Sur la séquence qui suit, les ralentis montrent un hors-jeu marocain avant le corner accordé aux Lions de l’Atlas. Une erreur qui change tout : sans ce hors-jeu, il n’y a ni corner… ni penalty derrière.
Sur ce corner qui n’aurait jamais dû exister, Brahim Díaz s’écroule dans la surface. Le contact est minimal, le joueur étant déjà en déséquilibre. Là, aucune hésitation. L’arbitre consulte la VAR et accorde un penalty totalement injustifié. Une décision qui déclenche la colère sénégalaise et l’incompréhension générale.
S’ensuit alors une pagaille indescriptible. Des échauffourées dans les gradins. Les joueurs du Sénégal quittent le terrain, le match est interrompu de longues minutes, le stade bascule dans une atmosphère de chaos total. Sadio Mané finit par convaincre ses coéquipiers de revenir pour éviter un forfait historique.
Brahim Díaz tente alors une panenka. Mendy la capte sans trembler. Justice poétique : même le ballon refuse de valider ce penalty sorti de nulle part.
Entre un but refusé sans check VAR, un hors-jeu oublié et un penalty imaginaire, cette fin de temps réglementaire résume à elle seule une CAN où l’arbitrage aura été, trop souvent, le principal sujet de conversation.
Prolongation : le Sénégal reprend le contrôle
La prolongation repart dans un climat lourd, mais le Sénégal, lui, ne perd pas le fil. Dès le début du temps supplémentaire, Pape Gueye libère les siens d’une frappe puissante du gauche, qui finit dans la lucarne marocaine à la 94e minute. Un but splendide qui vient rappeler que ce sont bien les joueurs, et non les arbitres, qui devraient décider du sort d’une finale.
Le Maroc, sonné, tente de réagir mais manque de lucidité et de justesse. Le Sénégal gère mieux ses temps faibles, ferme les espaces, et Mendy sécurise les derniers ballons. Les Lions de la Teranga maîtrisent leur prolongation comme ils avaient maîtrisé leurs émotions dans la tempête provoqué par l’arbitre.
Au coup de sifflet final, le Sénégal peut exulter : deuxième titre continental, décroché à Rabat, au terme d’une finale d’une intensité rare.
Reste une évidence : cette CAN 2025 aura brillé par la qualité de son jeu, par le niveau de ses équipes, par l’émergence de nouveaux cadres… mais aussi par un arbitrage indigne de ce niveau. Des décisions incohérentes, des VAR muettes quand elles auraient dû parler, bavardes quand elles auraient dû s’abstenir et une finale où le corps arbitral a fait basculer la compétition dans le ridicule.
Le Sénégal est champion d’Afrique. Le Maroc s’incline. Et l’arbitrage, lui, sort de cette CAN marocaine avec une crédibilité sérieusement entamée.
S. Aklid


