Déjà qualifiée avant le coup d’envoi, l’Algérie a conclu la phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 par une victoire convaincante face à la Guinée équatoriale (3-1), mardi 31 décembre à Rabat.
Sérieux, appliqués et portés par une nouvelle génération ambitieuse, les Fennecs ont signé un sans-faute dans le groupe E, s’installant comme leader incontesté et affichant clairement leurs intentions pour la suite de la compétition.
Une démonstration collective dès le premier acte
Même avec une équipe remaniée, la sélection de Vladimir Petkovic n’a jamais perdu le fil. Dès l’entame, le pressing haut et la maîtrise technique algérienne étouffent une Guinée équatoriale rapidement acculée dans son camp. La domination se concrétise sur corner lorsque Zineddine Belaïd ouvre le score de la tête (18e).
L’Algérie accélère ensuite. Sur une transition parfaitement menée, Farès Chaïbi double la mise d’une frappe précise sous la barre (24e), avant qu’Ibrahim Maza, omniprésent entre les lignes, ne parachève ce premier acte à sens unique en inscrivant le troisième but d’une tête autoritaire (31e). À la pause, les Fennecs mènent 3-0 et donnent l’impression d’un collectif déjà parfaitement huilé.
Un éclair sans conséquence
Au retour des vestiaires, le rythme baisse légèrement côté algérien. La Guinée équatoriale en profite pour sauver l’honneur par un geste de grande classe d’Emilio Nsue (50e), auteur d’une frappe croisée somptueuse dans la lucarne. Un éclair isolé qui ne remet jamais en cause la supériorité des Verts.
Bien en place défensivement autour d’Anthony Mandrea, l’Algérie gère ensuite la rencontre avec maturité, alternant conservation et transitions rapides. Les changements opérés par Petković permettent de maintenir l’équilibre et de préserver l’essentiel.
Carton plein et confirmations individuelles
Avec trois victoires en trois matches, une attaque prolifique et une solidité collective rassurante, l’Algérie boucle la phase de groupes avec un bilan parfait. Signe de cette dynamique, les distinctions individuelles s’enchaînent dans le camp algérien : après Riyad Mahrez puis Ibrahim Maza, c’est Anis Hadj Moussa qui a été élu homme du match, récompensant une prestation pleine de percussion, de justesse et de générosité.
Cap sur les huitièmes, avec un parfum de déjà-vu
Solide, confiante et portée par une jeunesse assumée, l’Algérie avance désormais vers les huitièmes de finale avec de réelles certitudes. Les Fennecs retrouveront la République démocratique du Congo, mardi à 17 heures à Rabat, pour un choc qui s’annonce intense et indécis.
Contrairement aux leaders des quatre premiers groupes, appelés à affronter les meilleurs troisièmes repêchés, les premiers des groupes E et F se retrouvent confrontés dès les huitièmes à des adversaires issus des deux premières places d’autres groupes.
Une configuration particulière qui suscite réserves et interrogations du côté des inconditionnels d’El Khadra. Certains y voient un tirage au sort pour le moins discutable, alimentant les débats autour de l’équité sportive et des équilibres institutionnels au sein des instances du football africain.
Mais au-delà des polémiques, la logique du terrain demeure implacable : pour espérer soulever le trophée, il faut battre les meilleurs.
Ce parcours n’est pas sans rappeler l’épopée de la CAN 2019, lorsque l’Algérie, outsider discret, avait gravi la plus haute marche pour s’installer sur le toit de l’Afrique. Et si l’histoire venait à se répéter sur les terres marocaines ? Avant toute projection, les Verts devront d’abord franchir l’écueil congolais, première étape incontournable pour continuer à nourrir de grandes ambitions continentales.
Hamid Banoune


