Sous les projecteurs du théâtre régional Dr Salah-Lombarkia de Batna, le rideau s’est levé, dimanche soir, 23 novembre, sur la 14e édition du Festival culturel national du théâtre amazigh. Une ambiance vibrante, des spectateurs passionnés, et un slogan qui résonne comme une déclaration : « Le théâtre, pouls de notre identité ».
La 14e édition du Festival culturel national du théâtre amazigh, qui se poursuivra jusqu’au 27 novembre à Batna, réunit des artistes de théâtre, des intellectuels et des académiciens spécialisés dans le domaine.
Cette édition rend hommage à Salah Houche, figure incontournable du 4e art, fondateur de troupes, metteur en scène visionnaire et pédagogue infatigable. Son œuvre, mêlant transmission et innovation, incarne la vitalité du théâtre amazigh et son rôle dans la promotion de la langue et du patrimoine.
Le théâtre comme miroir de la société
Dans un discours relayé par son représentant, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a rappelé que : « Le théâtre a toujours constitué le miroir de la société et une tribune vivante de sa conscience. »
Elle a insisté sur l’importance d’intégrer les symboles amazighs dans les créations artistiques, ajoutant : « L’intégration du patrimoine amazigh et l’utilisation de ses symboles constituent un jalon important dans la valorisation d’un élément authentique de notre identité nationale. »
Et d’aller plus loin en soulignant la légitimité de ce type de manifestation : « Il est légitime, pour nous, d’organiser des festivals, des événements et des rencontres qui rendent hommage à cet héritage et nous incitent à le hisser toujours plus haut. »
De son côté, le commissaire du festival, Abdelhamid Alaoui, a affirmé : « Cette manifestation reste un espace pour les créateurs dans le domaine du théâtre pour contribuer à sa promotion et à son développement, ainsi qu’à l’enrichissement de la scène culturelle nationale. »
Il a également lancé un appel aux théâtres régionaux : « Soutenez les activités de la manifestation avec des spectacles en Tamazight pour élever le niveau de la compétition. »
Compétition et création
Sept troupes sont en lice cette année :
- Trois associations de Tizi Ouzou
- Deux de Bouira
- Une de Touggourt
- La troupe du théâtre régional d’Oum El Bouaghi
La soirée d’ouverture a été marquée par la présentation du spectacle « Ayache », mis en scène par Lahcen Chiba, abordant des thématiques sociales contemporaines.
Tables rondes et ateliers
En marge des représentations, le festival propose au complexe culturel et sportif de la cité Kechida, à Batna :
- Deux tables rondes sur le discours visuel dans le théâtre amazigh et l’utilisation du patrimoine populaire dans la création théâtrale.
- Deux ateliers de formation pour les amateurs : l’un consacré à la scénographie et la mise en scène, l’autre au jeu d’acteur.
Diaspora et identité amazighe
Pour les communautés algériennes à l’étranger, ce festival est plus qu’un événement artistique : il est un pont entre mémoire et modernité, un rappel que le théâtre amazigh reste un vecteur puissant de transmission culturelle.
En célébrant Salah Houche et en encourageant les jeunes créateurs, Batna réaffirme que l’identité amazighe n’est pas figée dans le passé, mais qu’elle continue de se réinventer sur scène.
Rédaction


