Attaque des États-Unis contre une école iranienne : « une erreur terrible »

Le sénateur républicain John Kennedy a qualifié l’attaque meurtrière des États-Unis contre une école iranienne d’« erreur terrible » et s’est excusé en déclarant : « Je regrette sincèrement que cela se soit produit ».

Ces premières réactions politiques interviennent alors que le Pentagone tente de comprendre comment une frappe américaine a pu viser une école de filles dans le sud de l’Iran, causant la mort d’environ 170 élèves et 14 enseignantes, selon les médias d’État iraniens.

L’attaque des États-Unis a touché l’école Shajareh Tayyebeh, située à Minab, près d’une base navale iranienne. Les images relayées par les médias locaux montrent un bâtiment entièrement détruit, suscitant une vague de condamnations internationales.

Les autorités iraniennes affirment avoir retrouvé sur place des fragments d’un missile Tomahawk, un armement utilisé par les forces américaines. « les Etats-Unis sont le seul participant à la guerre connu pour posséder des missiles Tomahawk », accusent les experts.

« Des informations obsolètes »

Selon des informations rapportées par le New York Times, l’attaque pourrait être liée à des « informations obsolètes » transmises par l’Agence de renseignement de la défense (DIA). Le Commandement central américain (CENTCOM) se serait appuyé sur des coordonnées établies à partir de données anciennes, sans que celles-ci aient été réévaluées avant la frappe.

Le Pentagone a ouvert une enquête interne pour déterminer pourquoi ces informations n’ont pas été vérifiées et comment une telle erreur a pu se produire.

Des réactions contradictoires à Washington

Interrogé dans les heures qui ont suivi l’attaque, le président Donald Trump a d’abord laissé entendre que l’Iran pourrait être responsable, affirmant que son évaluation reposait « sur ce que j’avais vu ». Il a ensuite nuancé ses propos, déclarant que l’attaque pouvait avoir été menée « par l’Iran ou quelqu’un d’autre », avant d’ajouter : « Je n’en sais tout simplement pas assez à ce sujet ».

Au Congrès, plusieurs élus ont appelé à la transparence. John Kennedy, l’un des premiers à réagir, a présenté ses excuses publiques, qualifiant l’événement d’« erreur terrible ».

Un crime de guerre ?

L’Iran a dénoncé une « agression délibérée », tandis que plusieurs organisations internationales réclament une enquête indépendante. Si la responsabilité américaine est confirmée, plusieurs experts en droit international estiment que cette frappe pourrait relever d’un crime de guerre, au sens des Conventions de Genève.

Le droit international humanitaire interdit strictement les attaques visant des civils et des infrastructures non militaires, comme les écoles. Une erreur fondée sur des « informations obsolètes » n’exonère pas automatiquement l’auteur de l’obligation de vérifier la nature de la cible avant toute opération.

Céline Bardet, juriste internationale et spécialiste des crimes de guerre, est formelle : « Qu’il s’agisse des Américains, des Israéliens ou même des Iraniens par erreur, cette frappe est constitutive d’un crime de guerre très clair, elle touche une école », rapporte le site 20 Minutes.

Enfin, il faut signaler que les Etats-Unis ne peuvent être contraints par aucune juridiction internationale à rendre des comptes. Comme nous l’avons déjà écrit, les frappes militaires d’une ampleur inédite menées samedi 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran ne reposent sur aucune base juridique internationale : elles n’ont été ni autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU, ni justifiées par un mandat onusien, ni couvertes par un cas de légitime défense reconnu par le droit international.

Saïd A./Agences