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Ségolène Royal appelle au « respect de la souveraineté nationale » de l’Algérie

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Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mardi 27 janvier, Mme Ségolène Royal, présidente de l'association France-Algérie. Photo APS

En visite à Alger depuis le 27 janvier, l’ancienne ministre française Ségolène Royal a multiplié les appels à une relation apaisée et respectueuse entre la France et l’Algérie, fondée notamment sur le respect de la souveraineté nationale du pays.

Reçue par le président Abdelmadjid Tebboune, Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie, a insisté sur la nécessité de refonder le dialogue bilatéral sur une base claire : le respect de la souveraineté nationale algérienne.

À l’issue de son entretien avec le chef de l’État algérien, Ségolène Royal a déclaré : « Je suis très honorée de l’audience que vient de m’accorder monsieur le président Abdelmadjid Tebboune, qui prouve sa volonté de dialogue dès lors que le respect et la considération sont également au rendez-vous. »

Mme Royal a présenté sa visite comme un geste de rapprochement dans un contexte diplomatique fragile, nourri par les attaques médiatiques et politiques d’une extrême droite revancharde qui instrumentalise régulièrement la relation franco‑algérienne pour des enjeux internes.

Faire reculer les discours hostiles

Ségolène Royal a dénoncé les prises de position qui alimentent les crispations politiques : « Il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent de la part de ceux qui ne veulent pas que l’Algérie avance et qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l’Algérie. » Elle a dit espérer que les autorités françaises finiraient « aussi par respecter cette souveraineté nationale ».

L’ancienne ministre a souligné l’importance de reconstruire une relation franco‑algérienne durable. « La reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir que nous avons d’abord envers les jeunes générations des deux rives », a-t-elle souligné. Selon elle, les tensions actuelles ne doivent pas hypothéquer l’avenir des deux peuples.

Mémoire, archives, biens culturels : un discours très appuyé

Ségolène Royal a longuement développé sa vision des enjeux mémoriels, en insistant sur la nécessité d’actes concrets. « La mémoire n’est jamais une rente ni une culpabilité héréditaire. C’est une vérité des blessures et des traumatismes qui doivent être nommés, réparés, excusés, sans je ne sais quelle contrepartie », a-t-elle insisté.

Elle a estimé que la France devait engager des gestes forts, à commencer par « la restitution des biens culturels et des archives ». « Le premier geste que doit faire la France, qui aurait dû être fait depuis longtemps, c’est la restitution des biens culturels et des archives, et j’y mettrai toute ma force. D’abord les objets de l’Emir Abdelkader, ensuite les ossements de tous les chouhada conservés au musée de l’Homme, pour qu’ils soient honorablement inhumés. Toutes les archives ensuite, qui sont conservées à Aix-en-Provence et qui ont été pour partie numérisées », a déclaré Ségolène Royal.

Elle a rappelé que ces recommandations figuraient dans le rapport de la commission mixte Histoire et Mémoire publié en novembre 2023.

Les essais nucléaires dans le Sahara : une exigence de transparence

Ségolène Royal a également insisté sur un dossier particulièrement sensible et auquel assez particulièrement les Algériens : « Je veux y ajouter les archives et le dossier complet sur les essais nucléaires dans le Sahara afin de mesurer l’ampleur des dégâts et les réparer. » Selon elle, la France doit fournir ces documents pour permettre un travail de vérité et de réparation.

L’ancienne ministre a affirmé qu’elle porterait ces demandes directement au président français. « C’est ce que je dirai au président Emmanuel Macron à mon retour, pour l’inciter à agir dans ce sens. »

Ségolène Royal a tenu à rappeler que ces engagements figuraient déjà dans les intentions affichées « au début de son quinquennat ».

Saïd A./Agences

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