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Paris : l’ODTE célèbre la culture touarègue et le dialogue entre les diversités amazighes

ODTE touarègue paris

L'écrivain, poète et peintre Hawad (au centre) dimanche 31 mai à la journée culturelle touarègue organisée par l'ODTE à Paris. Photo Diasporadz

Le Centre Paris Anim’ Clavel a accueilli, dimanche 31 mai 2026, une Journée culturelle touarègue organisée par l’Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe (ODTE). Pendant plusieurs heures, cet événement a été consacré à la découverte, à la transmission et à la valorisation du patrimoine culturel touareg à travers des rencontres, des échanges et des expressions artistiques.

Fondée à Lyon en 2011, l’Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe s’est imposée au fil des années comme un acteur engagé dans la promotion de la culture touarègue, la préservation du patrimoine amazigh saharien et le renforcement des liens entre les communautés de la diaspora. À travers des initiatives culturelles, éducatives et citoyennes, l’ODTE œuvre pour faire connaître l’histoire, les langues, les traditions et les expressions artistiques du peuple touareg auprès du grand public européen.

Cette journée culturelle s’inscrivait pleinement dans cette démarche. Les participants ont pu découvrir différents aspects de la culture touarègue à travers des échanges, des présentations littéraires et des moments de dialogue consacrés aux réalités du monde amazigh contemporain.

L’un des temps forts de la rencontre a été la présence de Hawad, écrivain, poète et peintre de renommée internationale, lauréat du Prix Argana en 2017. Son intervention a permis d’explorer la richesse de la création artistique touarègue contemporaine ainsi que les thèmes qui traversent son œuvre : la liberté, l’exil, la mémoire et les transformations du monde saharien.

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Avec Hawad, la poésie cesse d’être simple contemplation pour devenir cri, souffle et insoumission. Sa parole, profondément ancrée dans les réalités du Sahara, est une poésie engagée, parfois enragée, qui dénonce avec force les injustices infligées à sa terre. À travers une langue dense et libre, il fait entendre les blessures d’un territoire meurtri, mais aussi les espérances d’une terre rêvée, habitée dans les sommeils sans repos. Chaque vers semble porter la mémoire d’un peuple et la volonté farouche de préserver sa liberté face aux effacements de l’histoire.

Au-delà de sa dimension culturelle, la rencontre a constitué un espace de réflexion et de dialogue autour des réalités contemporaines du monde amazigh et du Sahel. Les échanges ont mis en lumière la diversité des expériences, des parcours et des sensibilités qui composent aujourd’hui les communautés amazighes à travers le monde.

Prenant la parole à cette occasion, le président de l’ODTE, Attayoub Abdoulahi, a rappelé la vocation profonde de cette initiative. Il a souligné que cette rencontre constitue « le lieu idoine dans lequel toutes les diversités amazighes discutent en toute tranquillité et indépendance, sans a priori ». Une déclaration qui reflète l’esprit d’ouverture et de dialogue ayant marqué l’ensemble de la journée.

Pour les organisateurs, la culture demeure un vecteur essentiel de rapprochement entre les peuples et de transmission entre les générations. Dans un contexte où les questions identitaires sont souvent abordées sous l’angle du conflit ou de la division, cette journée a démontré qu’il est possible de créer des espaces de rencontre fondés sur le respect mutuel, l’écoute et la connaissance de l’autre.

À travers cette Journée culturelle touarègue, l’ODTE a une nouvelle fois affirmé sa volonté de faire de la culture un outil de dialogue, de transmission et de cohésion, fidèle à la mission qu’elle porte depuis sa création en 2011. Une ambition qui continue de rassembler, au-delà des frontières et des générations, autour des valeurs de diversité, de liberté et de partage.

A. M. Syphax

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