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L’Association Iwadiyen de France célèbre Yennayer dans l’esprit du vivre-ensemble

Association Iwadiyen de France yennayer

L'Association Iwadiyen de France a célébré Yennayer dans une atmosphère empreinte de joie et de partage. Photo Diasporadz

La Mairie du 20e arrondissement de Paris a accueilli, le temps d’une soirée, ce samedi 24 janvier 2026, une célébration forte de sens dédiée à la culture amazighe. À l’initiative de l’Association Iwadiyen de France, présidée par Mouloud Ouacher, la célébration de Yennayer a fait dialoguer mémoire, création artistique et convivialité, dans un esprit de fraternité fidèle aux valeurs républicaines.

Créée en 2011, l’Association Iwadiyen de France, qui regroupe neuf villages, œuvre depuis plus d’une décennie à la promotion et à la transmission de la culture berbère. Chaque année, elle organise des rendez-vous culturels fédérateurs, parmi lesquels la célébration de Yennayer, le Nouvel An amazigh. Cette soirée marquait ainsi la sixième édition de cette célébration à l’initiative de l’association, placée sous le signe de la fraternité, de la solidarité et de la paix, des valeurs profondément ancrées dans l’identité amazighe.

Tenue dans la salle des fêtes de la mairie, la manifestation a rassemblé de nombreuses familles originaires d’Iwadiyen, des invités d’honneur, des représentants associatifs ainsi que des membres de la diaspora algérienne au sens large installés en région parisienne. Autant de parcours et de sensibilités réunis autour d’un même moment de transmission culturelle, entre hommage à la mémoire collective et expression artistique vivante.

Poésie et musique au service de la mémoire

La soirée a été marquée par un programme riche et dense, où la poésie a trouvé toute sa place. L’artiste et poète Hamidi Rabah a pris part à cette célébration à travers des textes empreints d’émotion et de fidélité à l’héritage amazigh, rendant des hommages appuyés à plusieurs figures majeures de la conscience amazighe, de Slimane Azem à Mouloud Mammeri, en passant par Mohand Arab Bessaoud, fondateur de l’Académie berbère, et Boualam Awadhi, tous deux originaires des Ouadhias. Les poèmes déclamés ont rappelé avec force l’importance de la langue, de la mémoire et du combat culturel dans l’histoire berbère contemporaine.

La musique kabyle a ensuite pris le relais, portée par des sonorités familières qui ont rapidement conquis la salle, laissant place à la danse et à une atmosphère de joie collective.

Cette célébration s’inscrivait également dans le cadre du 70ᵉ anniversaire de la naissance du regretté Matoub Lounès, figure emblématique de la chanson engagée, dont l’esprit libre, la parole courageuse et l’héritage militant ont été salués tout au long de la soirée.

La femme et la robe kabyle à l’honneur

La robe kabyle traditionnelle a été à l’honneur en cette soirée de Yennayer. Photo Diasporadz

Autre temps fort de l’événement : un défilé mettant à l’honneur la femme et la robe kabyle traditionnelle, véritable emblème du patrimoine amazigh. Les créations présentées ont séduit par leur élégance et leur fidélité aux motifs ancestraux. La couturière Djamila Oublaid a été chaleureusement applaudie pour son travail, alliant savoir-faire ancestral et sens esthétique actuel.

La scène a ensuite laissé place à urar el khalat, porté par la voix envoûtante de Nna Dahbia et le rythme profond de son instrument de prédilection, le bendir. Malgré le poids des années, l’artiste a apporté une touche singulière et émouvante à la soirée, rappelant avec force la place centrale des femmes dans la préservation et la pérennité de la culture nord-africaine.

Une organisation collective et une reconnaissance institutionnelle

La réussite de cette soirée repose sur une organisation sans faille, rendue possible grâce à la mobilisation des membres de l’association, à l’instar de Fazia Kermad, secrétaire générale, et de Merzouk Latrous, vice-président, pour n’en citer que quelques-uns, ainsi qu’à l’implication active de la communauté ouadhiacienne, chacun apportant sa pierre à l’édifice. 

La présence de personnalités institutionnelles a conféré à cette rencontre une dimension officielle forte, notamment celle du député Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint à la Maire de Paris et candidat déclaré à la mairie de Paris, ainsi que de Éric Pliez, accompagné de son équipe municipale. Tour à tour, les intervenants ont adressé un chaleureux « Asseggas Amegaz » à l’ensemble des Amazighs de France et d’ailleurs. Plusieurs prises de parole ont souligné l’apport de la communauté berbère à la vie culturelle parisienne et salué l’engagement constant de l’Association Iwadiyen de France dans la promotion d’une culture ouverte, vivante et fédératrice.

Dans son intervention, le président de l’association, Mouloud Ouacher, a tenu à rappeler cet attachement assumé à la fois à la culture d’origine et aux valeurs républicaines :
« On est heureux et reconnaissants. On est très attachés à notre culture d’origine, mais aussi profondément attachés à la République et à ses valeurs, le tout dans l’harmonie. En mon nom et au nom de tous les Iwadiyen, je remercie la Ville de Paris, la municipalité du 20ᵉ arrondissement, à sa tête Éric Pliez, le député Emmanuel Grégoire et son équipe pour leur précieux soutien, sans oublier l’engagement de Lamia El Aaraje, dont l’apport a été déterminant dans l’accompagnement des démarches et des activités de l’association. Toutes ces facilités ont permis la réussite de cet événement, véritable fête de joie et de fraternité. »

Un final sous le signe du partage

Les invités ont pu savourer un couscous des grands jours. Photo Diasporadz

La soirée s’est conclue par le partage d’un couscous, le célèbre seksu s sebɛa n issufar, plat emblématique qui s’invite sur les tables des Amazighs du monde pour célébrer le Nouvel An berbère 2976. Symbole de convivialité, de générosité et de partage, il est venu prolonger l’esprit de communion qui a marqué l’ensemble de la célébration.

À travers la sixième édition de la célébration de Yennayer, l’Association Iwadiyen de France confirme son rôle de passeur de mémoire et d’acteur culturel, tout en renforçant les liens entre les générations. Elle contribue ainsi à inscrire durablement la culture amazighe dans le paysage culturel parisien.

Hamid Banoune

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