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Insolite : disparu en 2008 et déclaré mort en 2013, un homme retrouvé vivant en ermite

Il avait disparu en 2008, déclaré mort en 2013, et pourtant… dix-sept ans plus tard, un homme bulgare a été retrouvé vivant dans une zone reculée du parc national du Pirin.

Un homme bulgare disparu il y a 17 ans et déclaré mort a été retrouvé vivant dans une zone isolée du parc national du Pirin, rapporte ce mercredi 3 novembre le site turkiyetoday.

Une découverte qui intrigue autant qu’elle fascine : derrière ce fait divers insolite se cache une histoire de solitude choisie, de rupture avec la société et de ce que les psychologues appellent « l’évaporation » volontaire.

Une vie clandestine au cœur des montagnes

L’homme a été découvert lors d’une inspection de routine menée par les gardes du parc. Sa tente était installée hors des zones de camping autorisées, dans un secteur isolé, loin des sentiers et des hébergements. À l’arrivée des agents, il aurait réagi de manière agressive, refusant toute identification.

Les autorités ont rapidement établi qu’il s’agissait d’un citoyen bulgare originaire de Roussé, porté disparu depuis 2008 et même inscrit sur les listes de personnes recherchées à l’époque. Après des années de vaines recherches, il avait été officiellement déclaré mort en 2013.

Ironie de l’histoire, cet homme risque une amende administrative pour camping illégal, comprise entre 500 et 5 000 leva (≈ 255 à 2 556 €). Mais au-delà de la sanction, c’est surtout la question de son choix de vie qui interpelle : pourquoi disparaître volontairement pendant près de deux décennies ?

L’« évaporation » : disparaître pour se réinventer

Pour la , psychologue clinicienne et psychothérapeute Aline Nativel Id Hammou, interrogée par Doctissimo, ce type de disparition volontaire relève d’un mécanisme psychologique complexe. Elle parle d’« évaporation », une manière radicale de remettre en question son existence.

Les motivations peuvent être multiples :

  • Fuir un passé trop lourd ou des traumatismes ;
  • Se protéger d’échecs personnels ou professionnels ;
  • Chercher un renouveau identitaire dans l’isolement ;
  • Rompre avec un quotidien jugé insupportable.

Ces « évaporés » sont le plus souvent des hommes, marqués par des pressions sociales ou des désillusions. Chez les femmes, plus rares, ce choix survient dans des contextes de violences conjugales ou de surcharge parentale. Dans tous les cas, il s’agit d’un besoin vital de couper avec le monde pour se reconstruire.

Entre fascination et vertige

L’histoire de l’ermite du Pirin nous renvoie à une tentation universelle : qui n’a jamais rêvé de tout plaquer pour une cabane au fond des bois ? Mais derrière l’image romantique du retour à la nature se cache une réalité plus sombre : solitude extrême, survie identitaire et rupture totale avec la société.

Ce cas illustre aussi les limites du contrôle social : malgré les registres, les recherches et les certificats de décès, un individu peut choisir de s’effacer, de « disparaître » pour exister autrement.

Au-delà du fait divers, cette histoire insolite interroge notre époque saturée de bruit, de crises et de surveillance. L’« évaporation » volontaire devient un acte radical, presque politique : disparaître pour se libérer. Mais la société, elle, rappelle vite ses règles : même l’ermite du Pirin devra régulariser ses papiers… et payer une amende !

Synthèse Saïd A.

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