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Hommage : recueillement à la mémoire de Si L’hafidh le 24 janvier

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Une cérémonie de recueillement à la mémoire de Yaha Abdelhafidh, dit Si L'hafidh, sera organisée samedi 24 janvier au village de Takhlijt Aït Atsou, dans la commune d’Iferhounen. Photos DR

Dix ans après la disparition de Yaha Abdelhafidh, connu sous le nom de Si L’hafidh, le village de Takhlijt Aït Atsou (Iferhounen), dans la wilaya de Tizi Ouzou, accueillera un moment de recueillement à la mémoire de cette figure marquante de la dignité, de l’engagement et de la fidélité aux valeurs qui ont guidé toute sa vie.

Le comité du village Aït Atsou et la famille Yaha annoncent que cette cérémonie de recueillement à la mémoire de Yaha Abdelhafidh, dit Si L’hafidh, se tiendra samedi 24 janvier 2026 à partir de 10h30. Elle vise à maintenir vivante la mémoire d’un homme dont la parole, les combats et l’exigence morale continuent d’interroger le présent.

Si L’hafidh : un héritage de fidélité et d’exigence

Selon le communiqué du comité, ce temps de mémoire s’inscrit dans la continuité d’un parcours « marqué par des choix clairs, une exigence constante et une fidélité sans concession à certaines valeurs ». Dix ans après, ces principes continuent d’interroger le présent et d’inspirer celles et ceux qui ont croisé sa route ou qui se reconnaissent dans ses combats et ses engagements.

Loin d’être un simple hommage formel, cette rencontre se veut un espace de transmission et de réflexion. Elle invite chacun à raviver un souvenir, à partager une parole ou simplement à être présent pour témoigner de la persistance d’un héritage humain et moral.

Un parcours façonné par l’engagement et la rigueur

Né en 1933, Yaha Abdelhafidh appartient à cette génération pour qui l’engagement n’était ni un slogan ni une posture, mais une manière d’exister. Ancien officier de la Wilaya III, il a pris part à la lutte de libération avec une détermination qui ne l’a jamais quitté. Après l’indépendance, il fut cofondateur du Front des forces socialistes (FFS), convaincu que la souveraineté populaire et la démocratie devaient être défendues avec la même ardeur que la liberté conquise.

Ceux qui l’ont connu se souviennent d’un homme attentif, patient, profondément attaché au peuple. Il refusait la posture héroïque comme le confort de l’oubli. Exilé loin de sa Kabylie natale, il portait cette distance comme une blessure, mais jamais comme un renoncement. Dans la clandestinité comme dans l’exil, il n’a cessé d’organiser, de transmettre, de protéger ses compagnons de lutte, toujours sans haine mais sans peur.

Une parole qui traverse le temps

Ce qui frappait chez lui, c’était sa fidélité à certaines valeurs : l’écoute, la dignité, la lucidité politique, la confiance dans le temps long. Il répétait que la politique qui oublie les humbles finit toujours par trahir ses idéaux. Pour lui, le combat n’était pas celui de la nostalgie, mais celui de la transmission.

Lors d’une de ses dernières conversations, il confiait : « J’ai dit, j’ai écrit. Les gens de maintenant ne vont peut-être pas me comprendre. Mais la jeunesse, plus tard, comprendra. Et je ne veux pas laisser notre jeunesse orpheline de son Histoire. »

Dix ans après, cette parole résonne avec une force intacte. Elle éclaire les luttes d’aujourd’hui, notamment celles qui ont émergé lors du Hirak, où beaucoup ont reconnu l’écho de son exigence morale et de sa vision d’une souveraineté populaire authentique.

Un hommage ouvert à toutes et tous

Le moment de recueillement organisé à Takhlijt Aït Atsou se veut ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent honorer sa mémoire et maintenir vivante l’exigence qui a guidé son parcours. Il s’agit moins d’un hommage figé que d’un geste de continuité : raviver un souvenir, partager une parole, ou simplement affirmer que son héritage demeure une boussole pour le présent.

Date : Samedi 24 janvier  2026
Heure : à partir de 10h30  
Lieu : Village Takhlijt Aït Atsou, Iferhounen, Tizi Ouzou, Algérie

Saïd Aklid

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