Site icon Diasporadz – Tout sur la diaspora algérienne

Festival de Bourgogne du Sud 2026 : un été d’art et de mémoire au cœur du Charolais-Brionnais  

Martine Chifflot et Béatrice Berne (2)

Martine Chifflot-Comazzi et Béatrice Berne. Photo DR

Sous la direction artistique de Martine Chifflot‑Comazzi, la 24ᵉ édition du Festival de Bourgogne du Sud, qui se déroule du 4 juillet au 26 septembre 2026, s’impose comme un rendez‑vous majeur de la création contemporaine. Entre patrimoine, diversité et imagination, l’événement tisse un dialogue fécond entre les arts et le territoire, offrant au public un été où les lieux historiques du Charolais‑Brionnais deviennent les scènes vivantes d’un voyage consacré aux mythes, aux légendes et aux inventions. 

Depuis plus de vingt ans, le Festival de Bourgogne du Sud incarne la vitalité culturelle du Charolais‑Brionnais. Né en 2003, il s’est imposé comme un rendez‑vous majeur où se croisent musique, danse, théâtre, arts visuels et créations contemporaines. Fidèle à son identité — articuler l’élément rural et traditionnel avec la culture universelle — il propose chaque été une immersion artistique sensible, immersive et profondément ancrée dans les lieux qui l’accueillent. 

L’édition 2026, placée sous le thème « Mythes, légendes et inventions », déploie une programmation d’une rare richesse. Les concerts de clarinettes, portés par les ensembles du Massif Central et du Conservatoire de Clermont‑Ferrand, ouvrent la saison en célébrant les sonorités populaires et savantes de la région. La danse indienne Bharata Natyam, art millénaire venu du Tamil Nadu, offre une fenêtre sur les récits spirituels du monde. Le théâtre musical médiéval, avec Florilège Médiéval, réactive les gestes sacrés et les récits anciens dans les églises et monastères du territoire. La musique de film, consacrée à l’univers poétique de Nino Rota, plonge le public dans un imaginaire cinématographique vibrant.

Enfin, l’opéra contemporain Déméter, porté par la musique de Béatrice Berne et le livret de Martine Chifflot‑Comazzi, revisite le mythe de la mère et de la fille dans une relecture sensible, entre disparition, quête et renaissance. 

Chaque discipline trouve sa place dans les églises, chapelles, monastères, centres culturels et lieux patrimoniaux du Charolais‑Brionnais. Ces espaces, porteurs d’histoire et de mémoire, deviennent des scènes vivantes où se rencontrent artistes, habitants et visiteurs. Le festival transforme ainsi le territoire en une véritable carte culturelle : chaque lieu raconte une histoire, chaque œuvre lui répond, et chaque rencontre nourrit un dialogue entre patrimoine, diversité artistique et création contemporaine. 

À LIRE AUSSI
Festival de Bourgogne du Sud : une 24e édition entre mythes, légendes et inventions

Une mosaïque artistique au service des imaginaires 

Le festival, porté par Martine Chifflot-Comazzi et Béatrice Berne, se distingue par sa capacité à faire dialoguer les arts et le territoire, en créant une circulation vivante entre les disciplines, les lieux patrimoniaux et les récits qui les traversent. Cette dynamique repose sur une vision artistique ambitieuse : relier les imaginaires anciens aux créations d’aujourd’hui, dans une approche à la fois savante, accessible et profondément ancrée dans le Charolais‑Brionnais. 

Les clarinettistes du Massif Central rappellent les racines populaires de la musique régionale. Leur présence, fidèle depuis des années, inscrit le festival dans une continuité musicale qui honore les pratiques vernaculaires tout en les ouvrant à des formes contemporaines. À travers ces ensembles, le public retrouve une mémoire sonore, un souffle collectif qui relie les villages, les églises et les générations. 

La danse indienne Bharata Natyam, art millénaire venu du Tamil Nadu, ouvre une fenêtre sur les arts du monde. Elle apporte une dimension spirituelle et symbolique qui élargit le champ esthétique du festival. En invitant cette discipline, le festival affirme sa vocation : faire de la Bourgogne un carrefour où les traditions locales rencontrent les récits millénaires d’autres cultures. 

L’hommage à Nino Rota relie cinéma et poésie. Sa musique, à la fois lyrique et narrative, plonge les spectateurs dans un univers où les images semblent renaître à travers les sons. Ce choix témoigne de la volonté du festival de célébrer les grands créateurs tout en offrant au public une expérience sensible, nourrie par la mémoire du cinéma. 

Enfin, l’opéra Déméter, coproduit par Kaïros et le Chœur Spirito, revisite le mythe antique avec une sensibilité contemporaine. La musique de Béatrice Berne et le livret de Martine Chifflot-Comazzi donnent vie à une œuvre où se mêlent disparition, quête et renaissance. Cette création, portée par des artistes reconnus, illustre la capacité du festival à soutenir des projets ambitieux, à la croisée de la mythologie, de la poésie et de la modernité. 

Cette diversité artistique n’est pas un simple assemblage : elle constitue l’âme du festival. Elle permet au public de voyager entre les disciplines, de découvrir des univers complémentaires et de ressentir la puissance des récits fondateurs. En articulant tradition, innovation et ouverture au monde, le Festival de Bourgogne du Sud affirme son rôle de passeur entre les arts, les lieux et les imaginaires. 

Un territoire transformé en scène vivante 

En investissant les lieux emblématiques du Charolais‑Brionnais — églises romanes, chapelles rurales, monastères, théâtre Sauvageot — le festival revitalise la vie culturelle locale et redonne à ces espaces patrimoniaux leur vocation première : être des lieux de rassemblement, de transmission et de création. Chaque concert, chaque spectacle, chaque rencontre devient une manière de réactiver la mémoire des sites, de les inscrire dans une dynamique contemporaine tout en respectant leur histoire. 

Le festival attire un public varié, mêlant habitants du territoire, amateurs de musique traditionnelle, passionnés de danse du monde, curieux de découvertes culturelles et visiteurs venus de plus loin. Cette diversité crée une circulation humaine et artistique qui irrigue l’ensemble du Charolais‑Brionnais. Les communes partenaires — Châteauneuf, Saint‑Maurice‑lès‑Châteauneuf, Charlieu, Paray‑le‑Monial, Amanzé — deviennent autant d’étapes d’un parcours culturel qui relie les villages entre eux et renforce la cohésion territoriale. 

L’événement favorise également la circulation des œuvres : les créations musicales, chorégraphiques ou théâtrales trouvent dans ces lieux une résonance particulière. Les artistes, souvent fidèles au festival depuis plusieurs années, y rencontrent un public attentif, curieux, profondément attaché à son patrimoine. Cette proximité entre artistes et habitants constitue l’une des forces du festival : elle transforme chaque représentation en un moment partagé, où la culture devient un lien social. 

L’exposition Les Musiciens, présentée à la Grange d’Arc, joue un rôle essentiel dans cette dynamique. En rendant hommage à celles et ceux qui ont façonné l’histoire du festival depuis 1983, elle rappelle que la culture est avant tout une aventure humaine. Les visages des musiciens, chanteurs, chefs d’ensembles et interprètes racontent une histoire de fidélité, de passion et de transmission. Cette galerie de portraits permet de mesurer l’évolution du festival, l’arrivée de nouvelles générations, la permanence de certains artistes, et la manière dont chacun a contribué à enrichir la vie culturelle du territoire. 

En mobilisant les communes, les paroisses, les associations, les conservatoires, les artisans, les commerçants et les partenaires institutionnels, le festival crée une synergie locale qui dépasse la simple programmation artistique. Il devient un moteur culturel, un catalyseur de rencontres, un espace où se tissent des liens entre les habitants, les artistes et les visiteurs. 

Un été d’arts, de récits et de rencontres 

Le Festival de Bourgogne du Sud 2026 se déploie sur plusieurs mois, offrant au public un parcours artistique rythmé par des temps forts qui traversent l’été et le début de l’automne. Chaque date correspond à une étape du voyage imaginé par la direction artistique, entre traditions régionales, arts du monde, récits médiévaux et mythes réinventés. 

 Concerts de clarinettes — 4 juillet 2026 Dans les églises de Châteauneuf et de Saint‑Maurice‑lès‑Châteauneuf, les ensembles du Massif Central et du Conservatoire de Clermont‑Ferrand ouvrent le festival avec un répertoire mêlant musique populaire et savante. 

— Danse indienne — Bharata Natyam — 10 juillet 2026 Au Centre de Yoga d’Amanzé, la danse millénaire du Tamil Nadu offre une immersion dans les récits spirituels de l’Inde. 

— Musique de Nino Rota — 19 juillet 2026 Au Ciné Action Palace de Chauffailles, un hommage vibrant à l’univers poétique du compositeur italien, figure majeure de la musique de film. 

— Théâtre musical  Florilège Médiéval 16, 17 et 18 août 2026 Trois dates dans des lieux spirituels du territoire  Monastère des Clarisses, églises de Châteauneuf et de Charlieu  pour revisiter les gestes sacrés et les récits médiévaux. 

— Opéra  Déméter  26 septembre 2026 Au Théâtre Sauvageot de Paray‑le‑Monial, une relecture contemporaine du mythe de la mère et de la fille, portée par la musique de Béatrice Berne et le livret de Martine Chifflot‑Comazzi. 

Martine Chifflot‑Comazzi : Philosophe, sanskritiste, écrivaine, metteure en scène et réalisatrice 

Docteure en philosophie, est une figure majeure du dialogue entre pensée européenne et indienne. Professeure agrégée, elle a enseigné l’éthique et la philosophie de l’éducation tout en traduisant du sanskrit les textes fondateurs du Vedānta, notamment Le collier de perles des doctrines du Vedānta

Écrivaine et réalisatrice, elle développe une œuvre polymorphe où se croisent philosophie, poésie, théâtre et cinéma. Ses romans et pièces s’inscrivent dans le réalisme fantastique ; elle a conçu et mis en scène Lovecraft, mon amour et Déméter, opéra sur le mythe antique, en collaboration avec la clarinettiste Béatrice Berne. Directrice artistique du collectif Arcane 17 des Arts, tout en publiant des ouvrages salués pour leur profondeur métaphysique. 

Conférencière et chercheuse, elle explore les imaginaires, les mythes fondateurs et les correspondances entre Orient et Occident, elle incarne une pensée vivante, poétique et visionnaire, où la philosophie se fait art et transmission. 

Béatrice Berne : Clarinettiste, compositrice, pédagogue 

Formée au Conservatoire et à l’Université, Béatrice Berne s’impose parmi les grandes figures de la clarinette française. Lauréate de concours internationaux, professeure de clarinette au Conservatoire régional de Clermont‑Ferrand, elle y forme des musiciens professionnels et amateurs passionnés. 

Artiste perfectionniste et inventive, elle interprète le grand répertoire avec des formations prestigieuses : Opéra de Lyon, Symphonique de Saint‑Étienne, Kaïros Ensemble, qu’elle dirige. Compositrice prolifique, elle écrit pour instruments acoustiques et formations mixtes, conçoit des musiques de scène et de film, et collabore étroitement avec Martine Chifflot‑Comazzi dans des créations mêlant poésie et théâtre. 

Elle est régulièrement sollicitée par les établissements de formation professionnelle, pôles supérieurs, conservatoires supérieurs et Ministère de la Culture, comme formatrice ou membre de jury (Conservatoire Royal de Bruxelles, Pôle supérieur de Lille, CNFPT, CNSMDP). Musicologue active, elle donne des conférences dans divers cadres universitaires et culturels et conçoit des programmes de concerts originaux, allant de Slavarménia à Nino Rota en passant par Terres en Joie ou Lovecraft, mon amour. 

Vice‑présidente du Festival Musiques Démesurées, membre du collectif de compositrices Plurielles 34, elle est aussi invitée d’honneur du Festival de Bourgogne du Sud depuis 2003. Son œuvre, saluée par la critique, témoigne d’une exigence rare et d’une passion constante pour la transmission et la création. 

Une célébration du lien entre création, mémoire et territoire 

Le Festival de Bourgogne du Sud 2026 confirme son rôle de passeur entre les arts et les territoires, entre mémoire et invention, entre les récits fondateurs et les formes contemporaines qui les réinventent. En mêlant tradition et modernité, il offre au public une expérience immersive où la beauté des lieux patrimoniaux rencontre la puissance des œuvres présentées. Les églises, chapelles, monastères et espaces culturels deviennent des scènes vivantes, habitées par la musique, la danse, le théâtre et l’opéra, transformant le Charolais‑Brionnais en un véritable paysage artistique. 

Plus qu’un événement, le festival est une communauté de création : artistes, habitants, partenaires et visiteurs y tissent un lien sensible, fait de fidélité, de curiosité et de partage. Il rappelle que la culture n’est pas seulement un ensemble de pratiques, mais une manière de faire vivre un territoire, de l’habiter autrement, de l’ouvrir au monde tout en honorant ses racines. 

En 2026, sous le thème « Mythes, légendes et inventions », le festival affirme sa vocation : offrir un espace où les imaginaires se rencontrent, où les œuvres dialoguent avec les lieux, où les traditions se renouvellent au contact des créations contemporaines. Il demeure ainsi l’un des rendez‑vous culturels majeurs de la Bourgogne méridionale, un moment où la région se raconte, se réinvente et se partage. 

Brahim Saci

Quitter la version mobile