Les conséquences des coupes budgétaires dans l’aide publique au développement (APD) se font déjà sentir en France : des milliers d’emplois supprimés dans le secteur humanitaire.
Selon une étude menée par Coordination Sud et CartONG, publiée fin novembre, environ 4 938 emplois ont été supprimés dans le secteur humanitaire en 2024 en France des suites des coupes budgétaires. Soit près de 19 % des effectifs.
L’étude publiée le 25 novembre dernier parle d’un « point de bascule » après plus d’une décennie de croissance, marquant une rupture brutale dans le financement de la solidarité internationale.
Projets stoppés et des millions de bénéficiaires privés d’aide
La même enquête révèle que 641 projets humanitaires ont été abandonnés ou révisés. Au total, plus de 15,2 millions de personnes dans le monde ont été directement ou indirectement affectées par ces coupes, dont 7,6 millions en France.
Les domaines les plus touchés concernent l’accès à l’eau potable, la nutrition, l’hygiène, les droits humains et le développement rural. Selon l’étude, « le respect des droits humains (784 000 personnes) et le développement rural (619 000) souffrent également depuis un an de ces coupes budgétaires ».
Un recul budgétaire marqué
Entre 2024 et 2025, le budget alloué aux associations et ONG françaises est passé de 284 millions d’euros à 230 millions d’euros, alors que les acteurs du secteur réclamaient près de 300 millions pour maintenir leurs activités.
Depuis 2024, environ 95 millions d’euros de financements associatifs ont été coupés, entraînant une fragilisation structurelle du tissu humanitaire. L’étude souligne que cette baisse « entrave fortement [la] capacité de prévision et d’anticipation des activités pour les années à venir ».
Conséquences multiples
- Sociales : recul de l’accès à des services essentiels pour des millions de personnes.
- Économiques : suppression massive d’emplois dans un secteur déjà fragile.
- Institutionnelles : incertitude financière qui entrave la capacité des ONG à planifier leurs activités.
- Internationales : affaiblissement de la crédibilité de la France dans ses engagements de solidarité mondiale, notamment au Sahel et au Proche-Orient.
Des ONG en alerte
Les organisations humanitaires préviennent que si ces coupes se poursuivent, certaines pourraient disparaître totalement de plusieurs pays.
Les zones les plus concernées sont le Sahel (Burkina Faso, Niger, Mali), Madagascar, mais aussi des régions du Proche-Orient (Syrie, Liban, Irak) et d’Asie du Sud-Est. Coordination Sud avertit que « derrière chaque ligne budgétaire, il y a des vies et des équilibres essentiels ».
Synthèse S. A.
Les chiffres clés de l’étude Coordination Sud
- Emplois supprimés : 4 938 postes dans le secteur humanitaire en France (≈ 19 % des effectifs).
- Projets abandonnés ou révisés : 641 initiatives humanitaires stoppées.
- Personnes affectées : 15,2 millions de bénéficiaires privés d’aide, dont 7,6 millions en France.
- Domaines touchés :
- Accès à l’eau potable : 1,2 million de personnes concernées
- Nutrition et alimentation : 874 000 personnes
- Hygiène : 1,6 million de personnes
- Droits humains : 784 000 personnes
- Développement rural : 619 000 personnes
- Budget : baisse de 284 M€ à 230 M€ entre 2024 et 2025.
- Financements coupés : 95 M€ supprimés depuis 2024.
- Zones géographiques impactées : France, Sahel (Burkina Faso, Niger, Mali), Madagascar, Proche-Orient (Syrie, Liban, Irak), Asie du Sud-Est.

