L’équipe nationale d’Algérie n’a pas pu aller au-delà des 1/16es de finale de la Coupe du monde 2026, à l’issue de la défaite concédée face à la Suisse 2-0 (mi-temps : 1-0), dans la nuit de jeudi à vendredi au stade BC Place à Vancouver (Canada).
Il y avait de l’espoir, de l’attente et une ferveur populaire immense. Il ne restera finalement que la déception pour des millions de supporters algériens, restés devant leur écran jusqu’à 4 heures du matin (heure algérienne), pour soutenir Riyad Mahrez et ses coéquipiers.
Battue 2-0 par une solide équipe de Suisse, l’Algérie a vu son aventure dans cette Coupe du monde prendre fin au terme d’une prestation particulièrement décevante. Plus réalistes, plus disciplinés et supérieurs dans tous les compartiments du jeu, les hommes de Murat Yakin ont logiquement validé leur billet pour les huitièmes de finale, laissant des Fennecs sans réponse.
L’affiche promettait une bataille équilibrée, avec même un léger avantage psychologique en faveur des Algériens. Beaucoup estimaient que le sélectionneur Vladimir Petković détenait les clés pour faire déjouer la Nati, lui qui l’avait dirigée pendant sept ans et en connaissait parfaitement les rouages. Mais les espoirs se sont rapidement envolés.
La rencontre s’est transformée en une démonstration de maîtrise helvétique face à une sélection algérienne méconnaissable. Incapables d’imposer leur rythme, les Verts ont accumulé les erreurs techniques, les approximations tactiques et les pertes de balle, offrant à Breel Embolo et à ses coéquipiers des espaces qu’ils ont exploités avec un remarquable sang-froid.
Un naufrage technico-tactique
Au-delà du résultat, c’est surtout la manière qui interpelle. Après le non-match livré en quart de finale de la CAN au Maroc, puis la lourde désillusion face à l’Argentine de Messi lors de la première journée du groupe J, l’équipe nationale a signé l’une de ses prestations les plus ternes de ces dernières années sous l’ère Petković. Défensivement, les largesses se sont multipliées.
Le milieu de terrain a constamment subi les débats, incapable de récupérer le ballon ou d’assurer la moindre transition vers l’attaque. Quant au secteur offensif, il est resté pratiquement inexistant, ne se procurant qu’une seule véritable occasion durant toute la rencontre.
Pendant quatre-vingt-dix minutes, les supporters algériens ont espéré un sursaut, un éclair de génie, un exploit individuel susceptible de renverser le cours du match. Mais ce moment n’est jamais venu. Les Fennecs ont semblé évoluer sans véritable plan de jeu, sans intensité, sans âme et sans cette grinta qui a longtemps fait leur force sur la scène internationale. D’un bloc à l’autre, les Verts ont affiché une inquiétante pauvreté technique et tactique, donnant parfois l’impression d’une équipe sans repères ni identité de jeu.
En face, la Suisse a parfaitement récité sa partition. Solides derrière, organisés au milieu et efficaces dans les deux surfaces, les Helvètes ont confirmé leur réputation d’équipe rigoureuse, réglée avec la précision d’une montre suisse. Sans jamais s’affoler, ils ont contrôlé les débats jusqu’au coup de sifflet final.
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Cette élimination soulève inévitablement de nombreuses interrogations. Malgré les moyens mobilisés et des conditions de préparation optimales, la sélection algérienne peine toujours à retrouver une identité de jeu claire et un projet collectif capable de rivaliser avec les meilleures nations. Le talent individuel existe, mais il demeure insuffisant lorsqu’il n’est pas mis au service d’une véritable organisation collective.
L’Algérie est un pays où le football est bien plus qu’un sport : il est une passion, un facteur d’unité nationale et un véritable marqueur identitaire. Des millions de supporters vivent chaque rencontre avec une ferveur exceptionnelle, espérant retrouver cette équipe conquérante qui a longtemps fait la fierté des Guerriers du désert.
Cette amère désillusion dépasse donc le simple cadre d’une élimination sportive. Elle laisse un goût d’inachevé et ouvre un vaste chantier pour l’avenir. Plus qu’une réaction ponctuelle, c’est une profonde remise en question qui semble désormais indispensable afin de redonner aux Verts une identité de jeu, une ambition collective et un niveau de performance à la hauteur des attentes d’un peuple qui continue, malgré tout, de croire en son équipe nationale.
Hamid Banoune

